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08/02/2007

Quand les journalistes passent pour des types hautains, et flics pour des types bornés

La scène se passe dans un bus à Toulon. A l’intérieur, nous sommes une quinzaine de journalistes télé, radio et presse écrite. Nous revenons de l’Arsenal où nous avons suivi une visite candidat UMP/ministre de l’Intérieur (rayez la mention inutile) sur une frégate de la Marine française. Le bus nous ramène vers le Zénith de Toulon où doit se tenir une grande réunion publique avec Nicolas Sarkozy en guest-star. Nous sommes un peu à la bourre. Surtout les télés qui doivent envoyer illico les premières images de ce déplacement à leur rédaction parisienne.

Le bus s’arrête devant le Zénith sur une des deux voies de cette artère. Aussitôt, un policier municipal se plante devant la porte qui s’ouvre. « Vous ne pouvez pas vous arrêter là, allez à la gare routière », explique-t-il. Coincés en haut des marches avec le policier devant eux, certains s’impatientent, mais c’est un dialogue de sourds qui s’amorce.

- On descend du bus, on prend nos affaires dans la soute, y’en a pas pour longtemps, parlementent des journalistes.
- Ce sont des journalistes, ils travaillent, ajoute l’attachée de presse de Nicolas Sarkzoy.
- Et alors, répond le flic comme dans un mauvais épisode de Navarro [il y a un pléonasme dans cette phrase], moi aussi je travaille et j’ai des ordres, on ne s’arrête pas ici.
- Ha non, s’énerve quelqu’un dans le bus, prenant un air outré. On ne va pas à la gare routière, on en a pour un quart d’heure à revenir à pied après, je n’ai pas le temps, vous allez voir moi si je ne vais pas descendre. Je suis de Var-Matin moi, vous allez en entendre parler, je vais écrire à qui de droit.

Et le voilà qui descend et force le passage au flic qui veut l’en empêcher. Le ton monte entre les deux hommes. Une partie des journalistes sont encore bloqués à l’avant du bus. Nous demandons au chauffeur d’ouvrir la porte du milieu libre de tout policier et nous descendons tous par là. En trente secondes, le bus est vide et nous avons tous récupéré nos affaires dans la soute. On imaginait la circulation complètement bloquée par notre faute, et encore plus par celle d’un policier accroché à ses consignes comme un moule à son rocher et qui fait durer une situation qui aurait se débloquer en un rien de temps. Mais non, il n’y a pratiquement pas de voitures qui circulent. Tout ça pour ça.

Nous contournons le bus pour rejoindre le Zénith. Le policier lui, l’a toujours en travers de la gorge et dit le fond de sa pensée à l’attachée de presse du candidat de l’UMP, un peu gênée aux entournures : « Ils se prennent pour qui ces journalistes, ça va pas en rester là, je l’ai repéré le journaliste de Var-Matin, moi aussi je vais écrire. »

Je ne sais pas à qui il va écrire. Mais entre ceux qui pensent que la carte de presse est un passe-droit, et ceux qui estiment que les ordres sont intouchables surtout quand ils ne simplifient la vie de personne, difficile de dire de quel côté penche la balance de la connerie.

David Carzon

14/12/2006

Alphabêtisier 3.0

Raffaringard : nom masculin, familier (patois poitevin petipoinséré) Désuet, dépassé, se dit des personnes qui sont retournées dans l’ombre après avoir occupé un temps des fonctions importantes et qui font tout pour faire croire qu’elles sont incontournables. Exemple : « Pour amoindrir la portée des forums de l’union, Sarkozy a eu la bonne idée d’en confier l’organisation et l’animation à un raffaringard. »

Bertrandu : adjectif (lat. lache) Partagé entre deux camps en raison d’intérêts contradictoires, se dit de ceux qui hésitent à s’engager par peur de choisir le mauvais côté. Exemple : « Tu les vois, tous ces ministres qui tremblent à l’idée de dire trop vite dans quel camp ils sont. Regarde le ministre de la Santé, il a beau avoir rejoint le camp Sarko, il reste bertrandu entre sa loyauté pour le Premier ministre et sa volonté d’être bien placé auprès du président de l’UMP. »

Rebsamen : nom masculin inv. (am. bogarde) Se servir de quelqu’un en paravent pour éviter de répondre à une question ou à une demande. Exemple : « Dès que Ségolène lui demande quelque chose, Hollande dit rebsamen à tout. »

U.L.M.P. : nom masculin (sigle de Ultra Lourd Motorisé pour la Présidentielle) Gros engin de conception très complexe, uniquement monoplace qui peut embarquer beaucoup de passagers à condition que ceux-ci se taisent. Exemple : « Aux commandes de son U.L.M.P., Nicolas Sarkozy a réussi à décoller dans les sondages mais depuis qu’il a été pris dans l’ouragan Ségolène, on a l’impression qu’il pilote un peu à vue. »

David Carzon

29/11/2006

L'alphabêtiser 2.1

A ajouter dans notre dictionnaire des absurdités

Pen : nom masculin (all. obersturmführer) Fuite en avant qui consiste à faire n’importe quoi. Exemple : « Si on enclenche le pen, la porte de sortie est définitivement condamnée. »

Chévénement : nom masculin (ang. neardeathexperience) Ce qui arrive mais auquel on ne croit pas. Exemple : « La troisième voie à gauche, c’est un chévénement monté de toutes pièces. »

Hulotier : nom masculin (gr. ushuaiôs) Agent de police responsable du maintien de l'ordre dans son environnement. Exemple : « Josiane, appelle l'hulotier, y'a le voisin qui met ses poubelles dehors sans les avoir triées. Je suis sûr que c'est le genre de gars à ne pas fermer le robinet quand il se lave les dents. »

Boviette : nom féminin (lat. moustachum) Couard, personne qui manque de courage au dernier moment alors que son entourage comptait sur lui. Exemple : « José, boviette, t'avais promis de te présenter à la présidentielle pour fédérer la gauche antilibérale. Ce n'est plus le référendum sur l'Europe là, t'avais pas le droit de dire "non" ! »

Fillonner : verbe transitif (ang. opportunism) Parcourir dans tous les sens en voulant faire croire qu’on va tout droit et qu’on a jamais changé de cap. Exemple : « Brice, t’as vu ? Ceux qui étaient avec Raffarin en 2002 se sont tous mis à fillonner autour de Sarko dès qu’ils ont été virés du gouvernement par Chirac. »

Villiers : nom masculin (gr. chouans) Quantité considérable. Exemple : « A force de dire n’importe quoi sur les musulmans, des islamistes, on en voit par villiers. »

 
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