18.09.2007
La Cène de ménage
Et Ségolène de Nazareth-du-Poitou brandit la coupe et dit à ses disciplines : « Prenez et buvez en tous, car ceci est le sang du nouveau socialisme livré pour vous. Je vous mènerai tous au dans un monde plus juste si vous marchez à mes côtés dans un ordre juste, en vous tenant la main, en vous aimant tous et en m’aimant comme vous aimez votre mère ».
Et Judas l’Austère (dit Lionel tout Blanc) prit la parole : « Prenez et surtout mangez dans votre gueule oui. La dernière fois qu’on a t’a suivie les yeux fermés, on s’est fait décimer par les Romains de Neuilly en quinze jours. Et t’oublie un peu vite tout ce que j’ai fait moi. Tu parles de toi, de toi, de toi, comme s’il n’y avait eu aucun prophète avant. Si tu négliges les fondations pour construire ta maison, il ne faut pas s’étonner si le toit n’est pas droit, c’est Joseph le Charpentier qui dit ça ».
Et Judas FMInin (dit Dodo les Chandelles) répondit : « Tu parles d’un meneur, Judas l’Austère, la dernière fois, tu t’es fait battre dans l’arène par Jeannot le Centurion alors qu’il était à mains nues. Non, je pense quelqu’un qui sache comment faire fructifier trente deniers pour les faire partager à tous ensuite. En plus, les femmes m’adorent ».
Et Judas Lagirouette (dit Lolo à moto) surenchérit : « Moi, je pense qu’il ne faut pas pactiser avec les Romains comme certains le veulent ici. Et ne me dites pas que j’ai dit le contraire avant, c’est juste que vous n’avez rien compris parce que vous êtes tous trop cons et vous ne me méritez pas. J’ai été le plus jeune prophète de France, je suis en train de devenir le plus vieux prétendant ».
Et Judas Challenger (dit Bertrand Lib’ dans sa tête) ajouta : « Mes amis, tant que nous n’aurons pas réglé les problèmes concrets des Béthléemiens et des Béthléemiennes, nous ne serons pas crédibles aux yeux des autres citoyens. Par exemple, commençons par interdire la circulation des chars dans la ville et organisons un système de location gratuite d’esclaves porteurs pour nos déplacements ».
Et Judas Posture (dit Arnaud Giscard d’Estaing) maugréa : « Che ne chais pas qui choutenir à part moi mais cha ne chert à rien ».
Et Ségolène de Nazareth-du-Poitou leva les yeux aux ciel : « Mon dieu François Mitterrand, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Et tous les Judas répondirent en chœur, tous d’accord pour une fois : « Ségolène à la croix, Ségolène à la croix, Ségolène à croix ».
David Carzon
09:55 Publié dans Ben ouais, c'est arrivé | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, jospin, fabius, strauss-kahn, montebourg, ps, socialistes
14.12.2006
Alphabêtisier 3.0
Raffaringard : nom masculin, familier (patois poitevin petipoinséré) Désuet, dépassé, se dit des personnes qui sont retournées dans l’ombre après avoir occupé un temps des fonctions importantes et qui font tout pour faire croire qu’elles sont incontournables. Exemple : « Pour amoindrir la portée des forums de l’union, Sarkozy a eu la bonne idée d’en confier l’organisation et l’animation à un raffaringard. »
Bertrandu : adjectif (lat. lache) Partagé entre deux camps en raison d’intérêts contradictoires, se dit de ceux qui hésitent à s’engager par peur de choisir le mauvais côté. Exemple : « Tu les vois, tous ces ministres qui tremblent à l’idée de dire trop vite dans quel camp ils sont. Regarde le ministre de la Santé, il a beau avoir rejoint le camp Sarko, il reste bertrandu entre sa loyauté pour le Premier ministre et sa volonté d’être bien placé auprès du président de l’UMP. »
Rebsamen : nom masculin inv. (am. bogarde) Se servir de quelqu’un en paravent pour éviter de répondre à une question ou à une demande. Exemple : « Dès que Ségolène lui demande quelque chose, Hollande dit rebsamen à tout. »
U.L.M.P. : nom masculin (sigle de Ultra Lourd Motorisé pour la Présidentielle) Gros engin de conception très complexe, uniquement monoplace qui peut embarquer beaucoup de passagers à condition que ceux-ci se taisent. Exemple : « Aux commandes de son U.L.M.P., Nicolas Sarkozy a réussi à décoller dans les sondages mais depuis qu’il a été pris dans l’ouragan Ségolène, on a l’impression qu’il pilote un peu à vue. »
David Carzon
13:30 Publié dans L'alphabêtisier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, ps, presidentielle, hollande, royal, rebsamen, raffarin
15.11.2006
Il est mouru Dominique Strauss-Kahn
(Tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)
Le corps de celui que tout le monde appelait de ses initiales, DSK, a été retrouvé mort chez lui à la veille du premier tour des primaires pour l’investiture socialiste. Le téléphone encore accroché à la main, un horrible rictus figé sur son visage comme s’il était mort de peur. Aucun signe d’effraction, aucun signe de blessure apparente, c’est-à-dire aucun indice pour la police.
Les enquêteurs se sont d’abord intéressés à l’entourage proche de Dominique Strauss-Kahn. Des investigations qui les ont menés dans différents établissements comme les Chandelles, le 2+2, le Donjon, le Folie’s Pigalle… S’ils ont découvert beaucoup de choses passionnantes, il n’ont rien trouvé qui aurait pu leur donner un début d’explication.
Dans le même temps, ils sont tombés sur un coffre caché dans la résidence de DSK que les policiers ont finalement mis le doigt sur une piste intéressante. Cette cachette contenait de nombreuses cassettes vidéo surprenantes. En effet, il s’agissait d’une collection de confessions posthumes : Jean-Claude Méry, Francis le Belge, François Mitterrand, Pascal Sevran, Charles Hernu ou encore François de Grossouvre. Que du lourd donc.
Sauf que les policiers ont aussi trouvé un boîtier vide, sans la cassette qu’il contenait. Les flics n’ont pas eu à chercher bien loin la cassette en question. Après un premier visionnage, ils se sont rendus compte qu’il s’agissait de l’original de la vidéo enregistrée lors d’une réunion à Angers entre des enseignants et Ségolène Royal où cette dernière proposait d’exiger des professeurs une présence de 35 heures dans les collèges pour combiner cours et soutien scolaire gratuit. Une copie de cette vidéo avait été diffusée sur internet il y a quelques jours mettant la candidate socialiste dans l’embarras.
L’entourage de Ségolène Royal avait toujours soupçonné DSK d’être à l’origine de ce coup bas. Mais il leur manquait des preuves. C’est désormais chose faite.
Ceci n’expliquait toutefois pas la mort de DSK. Pas encore, car les enquêteurs, intrigués, ont continué leurs investigations. Et ils ont fini par découvrir des images subliminales subrepticement glissées dans la vidéo. Pas n’importe quelles images, celle du film Ring et de sa cassette maudite. Dans ce film d’horreur, des adolescents mouraient une semaine après avoir visionné des images contenues dans une cassette maudite. C’est donc la thèse retenue par les policiers pour qui la mort de DSK colle parfaitement avec ce scénario.
Reste à savoir qui a placé ces images subliminales et si c’était dans le but de tuer quiconque voudrait utiliser cette vidéo. D’après nos informations, il apparaît aujourd’hui que des proches de Ségolène Royal avaient été alertés qu’une première version pirate de mauvaise qualité circulait et ils auraient eux-mêmes récupéré la cassette auprès de la fédération de Maine-et-Loire avant de la rendre. Sans qu’on ait l’impression qu’ils y aient touchée.
Les enquêteurs n’ont plus que quelques jours pour découvrir l’origine de cette manipulation mortelle et surtout un antidote. Car pour avoir vu la cassette, ils vont bientôt mourir à leur tour. Comme les millions d’internautes qui se sont rués sur leur ordinateur ces derniers jours.
David Carzon
Précision : J'avais écrit et publié cette note avant de savoir que la mère de DSK allait mourir. Si je l'avais su avant, je ne l'aurais pas publiée. Maintenant, elle existe et je me suis posé la question de savoir si je devais la supprimer. Je ne l'ai pas fait même si je ne sais pas si j'ai eu tort ou raison.
22:50 Publié dans La nécro imaginaire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dsk, strauss-kahn, ségolène royal, ps, présidentielle, donjon, méry
19.10.2006
Et si Laurent Fabius était vraiment de gauche ?
(Tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)
Harry Roselmack : « Bienvenue pour la traditionnelle interview du chef de l’Etat à l’occasion du 14-Juillet. Pour la première fois depuis douze ans, ce n’est pas Jacques Chirac qui répondra à nos questions, mais Laurent Fabius, fraîchement élu président de la République. Autre nouveauté, les intervieweurs ont changé cette année aussi. M’accompagnent pour mener cet entretien Mélissa Theuriau et Loïc Le Meur. Bonjour, monsieur le Président, comment vous sentez-vous dans les habits du chef de l’Etat ? »
Laurent Fabius : « Tout d’abord, merci Monsieur Roselmack d’avoir accepté mon invitation pour cet entretien, ainsi que vos deux confrères qui vous accompagnent. Je voulais renouveler le genre et vous trois me semblez être représentatifs de votre génération. Quant aux habits de président, je m’y sens très bien, je m’y sens très bien. Mais j’ai toujours dit durant la campagne que j’étais prêt à assumer cette fonction. Vous voyez que je disais vrai, je disais vrai. »
Mélissa Theuriau : « Une fois élu en mai, vous avez pris tout le monde de court en vous alliant avec l’extrême gauche. Même votre propre camp a été désarçonné. Y’avait-il besoin de cet électrochoc ? »
Laurent Fabius : « En tout cas, nos résultats aux législatives me donnent de raison. Nous avons la majorité absolue à l’Assemblée nationale et nous allons pouvoir mener notre politique de réforme. Pour ce qui est du PS, l’effondrement de Ségolène Royal au cours de la campagne interne pour désigner le candidat socialiste, a créé un vide chez les militants et cet électrochoc était nécessaire. Je tiens d’ailleurs à rassurer la population, Ségolène Royal va beaucoup mieux, elle a enfin décidé de quitter la paire de charentaises qu’elle avait décidé de porter tout le temps pour montrer son ancrage local. C’est un signe encourageant, un signe encourageant. »
Loïc Le Meur : « Et vous avez des nouvelles de Nicolas Sarkozy que l’on a pas revu depuis sa défaite au second tour en mai ? »
Laurent Fabius : « Non et je pense que vous en aurez avant moi, vous en aurez avant moi. »
Harry Roselmack : « Qu’est-ce qui vous a poussé à nommer Arlette Laguiller Premier ministre ? »
Laurent Fabius : « Sa volonté de changer le monde et d’être intransigeante avec les forces en présence. Je suis ravi qu’elle ait acceptée ma proposition. Elle vient d’ailleurs de me soumettre une liste de premières actions à mener d’urgence. »
Loïc Le Meur : « Oh mon dieu, j’ai peur de vous demander lesquelles… »
Laurent Fabius : « C’est vrai que ça ne va pas vous plaire à vous. Nous allons créer une taxe sur les flux financiers et les profits boursiers, interdire les délocalisations, renationaliser un certain nombre d’entreprises comme EDF, GDF ou Air France. J’ai demandé à Olivier Besancenot, le ministre de l’Economie et de l’Emploi, de réfléchir à la possibilité de mettre en place un certain nombre d’obligations contraignantes aux patrons en matière de licenciements, de rémunérations, de développement durable… Nous allons remettre la main sur TF1 pour qu’elle redevienne une télévision publique, et même nous allons racheter Libération pour en faire le journal de la parole gouvernementale. Une parole libre bien sûr, libre bien sûr. »
Loïc Le Meur : « C’est la fin de l’esprit d’entreprise… »
Laurent Fabius : « Plus précisément, c’est la fin de l’esprit individualiste d’entreprise. Nous voulons créer une solidarité entre toutes les générations, communautés, catégories professionnelles. Mais ne vous inquiétez pas, on n’interdira pas sur les blogs de faire la promotion de produits qu’on vous donne gratuitement. A condition de les redonner à d’autres ensuite pour les faire partager, pour les faire partager. »
Mélissa Theuriau : « Vous comptez arriver au salaire unique pour tout le monde ? »
Laurent Fabius : « Nous n’irons peut-être pas jusque-là, mais nous allons faire en sorte de relever les plus bas salaires, et de niveler les plus hauts pour ne pas franchir les barrières de l’indécence, les barrières de l’indécence. Et pour retrouver le plein-emploi, nous allons lancer des grands chantiers de construction, des grands programmes avec des dizaines de milliers d’embauches à la clé. C’est cela le capital au service du travail, le capital au service du travail. Ça ne va pas monsieur Le Meur, vous ne vous sentez pas bien ? »
Loïc Le Meur : « Non pas trop, j’ai comme une boule à l’estomac. »
Laurent Fabius : « Il va falloir vous habituer. Ce n’est pas parce que j’ai été presque libéral il y a quelques années que je ne peux pas faire un demi-tour pour revenir sur la gauche de ma gauche. Mitterrand a fait pareil en son temps et tout le monde a fini par oublier et a fini par le voir en homme sincèrement de gauche. Vous oublierez aussi. L’important, c’est d’être élu. Et je le suis. »
David Carzon
14:17 Publié dans Et si... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fabius, meur, ps, election, présidentielle
05.10.2006
Elle est mourue Ségolène Royal
(Tout est presque faux mais tout aurait pu être presque vrai)
Son premier débat lui aura été fatal. Depuis des mois, Ségolène Royal était attendue au tournant par ses adversaires qui lui reprochaient d’éviter d’aller sur des questions de fond et de débattre avec eux. Hier, pour le premier débat entre les candidats socialistes à l’investiture pour l’élection présidentielle de 2007, le duel tant attendu entre Royal, Strauss-Kahn et Fabius a tourné court.
Retransmis en direct sur La Chaîne Parlementaire et abordant les questions économiques et sociales, ce débat a débuté par une allocution des trois candidats, Fabius mettant en avant sa volonté et sa capacité de rassembler de l’UDF à l’extrême gauche, Strauss-Kahn promettant de transformer la mondialisation en une source de bonheur pour tous, et Royal se contentant de sourire, comme une promesse à des jours meilleurs.
L’incident est survenu lorsque Dominique Strauss-Kahn a demandé à Ségolène Royal de se situer par rapport à la théorie du choix social, la pressant de dire comment elle analysait la relation entre préférences individuelles et décisions collectives et s'il était possible de dériver des préférences individuelles les préférences collectives. La candidate à la candidature est alors devenue toute blanche et s'est comme figée. Les animateurs du débat n’ont pas compris la gravité de la situation, croyant que la présidente de la région Poitou-Charentes était juste séchée par la question.
Lorsqu’ils se sont approchés d’elle, ils se sont rendu compte qu’elle ne bougeait plus, ne respirait plus et que son cœur avait cessé de battre. Tous les moyens pour la ranimer ont été mis en œuvre, sans succès.
Devant la gravité de la situation, les autorités judiciaires ont aussitôt demandé une autopsie. Mais les médecins légistes n’ont pas réussi à déterminer les causes de la mort. En effet, lorsqu’ils ont procédé à diverses incisions au niveau de sa boîte crânienne ou de son thorax, ils n’ont trouvé aucun organe. Il n’y avait que du vide.
David Carzon
11:17 Publié dans La nécro imaginaire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, ps, fabius, strauss-kahn, présidentielle










