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21/01/2007

Pourquoi je ne suis pas allé aux NRJ music awards

Chaque année, ils sont des milliers de jeunes « engelisés » jusqu’à la racine, hurlant, vitupérant, criant, pleurant même parfois (j’exagère bien sûr), en bas des marches du palais des festivals de Cannes. Non, nous ne sommes pas durant le festival du film, mais durant le Midem, le marché international de la musique qui réunit depuis samedi tous les businessmen de l’industrie musicale. Cet immense salon où l’on parle plus d’économie que de groupes, où les hommes qui comptent ont la moyenne d’âge de la population cannoise, où l’on se dit qu’il y a encore un peu d’argent à investir dans la musique, où je passe donc quelques jours à me faire des amis grâce à ce blog.medium_P1010787.jpg

Revenons au propos liminaire, toute cette jeunesse n’est pas venue pour acclamer le patron de Sony-Ericsson, le directeur marketing de Universal ou le responsable du département musique de SFR. Non, car au milieu de cet océan de chiffres, de business-plan, de marges brutes voire brutales en ce moment, il reste un événement très « Cannes » : le NRJ Music Awards. Où quand la radio des jeunes demande à ses auditeurs de voter pour des groupes de jeunes.

Mais il y a trois catégories de jeunes : 1) ceux qui ont eux des places, 2) ceux qui n’en ont pas eu, qui n’habitent pas Cannes mais qui peuvent se consoler en votant par SMS, 3) et enfin il y a les Cannois qui n’ont pas de places non plus mais qui peuvent se rendre au pied des marches du palais des festivals pour tenter d’apercevoir leurs idoles… des jeunes bien sûr. Et certais n'hésitent d'ailleurs pas venir dans l'après-midi derrière les barrières, histoire d'être les mieux placés.medium_P1010813.jpg

Au risque de me valoir les foudres de la deuxième catégorie d’ados décérébrés citée ci-dessus, j’aurais pu avoir une place pour les NRJ Music Awards. Mais pour tout vous dire, j’avais demandé plus. Je voulais profiter de l’occasion pour faire un reportage dans les coulisses de cette énorme machine télévisuelle. Généralement, c’est là que mon boulot se complique car il faut l’accord des organisateurs. J’appelle donc le service de presse de NRJ. Pas de problèmes, ils ont l’air ok. Sauf qu’il faut aussi l’accord de TF1 et là, je sens le vent tourner. Pour mémoire : TF1 est actionnaire du journal Métro, un des principaux concurrents de 20 Minutes où j’officie pour ma part. Je le sens d’autant plus mal que d’autres récentes tentatives de demandes de reportage auprès de la chaîne ont fini à la corbeille.

Et c’est bien sûr ce qu’il se produit, le service de presse de TF1 me proposant royalement une place dans la salle. Quand je leur demande le pourquoi de ce refus, l’attaché de presse me dit qu’il y a beaucoup de monde déjà prévu en coulisses et qu’il privilégie son partenaire. « Qui ? » je lui demande. « Télé Loisirs », me répond-il. Il va sans dire que je suis vexé comme un pou de passer avec le support qui me sert tous les matins à vider mon trop-plein intestinal.

Alors pour son offre de prendre place dans le public, je fais comprendre à mon interlocuteur que des places, je peux en avoir comme je veux, que je n’ai qu’à claquer des doigts pour que des milliers d’attachées de presse énamourées de mon travail se précipitent pour être celle qui m’invitera aux NRJ Music Awards. Ce qui est faux, bien entendu.

La vraie raison, surtout, c’est que j’ai déjà assisté à ce spectacle depuis la salle l’an dernier et que je n’ai guère envie de reproduire cette expérience. Parce qu’en fait, y’a pas à dire, ce genre de trucs, c’est quand même mieux à la télé. Normal, c’est fait pour la télé. Chez soi, il n’y a pas de temps mort, tout a l’air de s’enchaîner, les artistes jouent en direct, on voit le public qui se déchire sa race, on peut profiter de la pub pour aller checker ses mails, faire un petit pipi, manger un Pim’s (ou même allez voir le nombre de connexions sur son blog pour les plus lemeuriens d’entre nous). Tandis qu’à l’intérieur, on se fade les temps morts sans les pubs, les changements de plateaux, certaines prestations sont enregistrées, beaucoup font du playbac, et l’ambiance, elle est surtout juste devant la scène, là où il y a des caméras et des chauffeurs de salle. Comme par hasard.

Bon, après y’a des raisons personnelles. Moi, l’an dernier, je voulais voir les Black Eyed Peas (je n’ai pas été déçu d’ailleurs vu le niveau de leur prestation scénique). En revanche, le reste des artistes présents est loin de figurer sur ma playlist. Bien au contraire.Donc, cette année, j’ai décidé que je n’irai pas aux NRJ Music Awards. Certes, vous vous direz que j’ai écrit cette note uniquement parce qu’on m’a refusé le reportage dans les coulisses. Ce à quoi, je vous répondrai : oui, bien sûr.

David Carzon

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