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27/08/2007

Tout ça me fait suer

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« David, tu as vu tout ce je fais, ou plutôt ce que je continue de faire. Je suis partout en même temps. Au journal de 13 h, ils ont même pas le temps de rendre compte de ce j’ai fait le matin qu’ils doivent annoncer que je serai ailleurs l’après-midi. J’ai pas trouvé meilleur moyen pour empêcher les journalistes de réfléchir que de les faire bouger tout le temps.

Chirac, il était enfermé dans son château, il en sortait jamais, sauf pour aller voir d’autres présidents. Même pas il allait au resto, il préférait se faire livrer des plateaux-repas. Finalement, il était presque pire que Balladur qui ne cachait pas son dégoût du contact populaire.

Moi, de toute façon, j’ai décidé de faire l’inverse de ce fait Chirac. C’est mon credo. Quand j’ai une décision à prendre, je me demande ce qu’aurait Chirac, et surtout ce qu’il n’aurait pas fait. Et hop, voilà ce que je choisis. Oui je sais, ça veut dire qu’on serait allé faire la guerre en Irak. Tu vois, Chirac, après son élection il aurait invité les grands patrons de presse à venir déjeuner à l’Elysée, genre on est entre notables. Moi, tu sais ce que j’ai fait ? J’ai pris l’apéro avec les 25 journalistes soutiers qui ont suivi ma campagne. Juste les petites mains, pas leurs patrons. Ce sont eux qui vont continuer de me suivre alors autant rester à la colle avec eux.

Mon autre truc, c’est de donner l’impression d’être dans l’action tout le temps, comme si j’étais candidat à l’élection présidentielle de 2012. C’est pour ça que je suis toujours en déplacement.

Tu as vu aussi ce que je fais pour montrer que je bouge tout le temps ? Non. Tu ne t’en rends même pas compte mais inconsciemment je suis sûr que ça marque. Ben, c’est simple, je sue comme un porc. T’as pas vu à Arcachon vendredi. Je suis au pupitre et j’ai les cheveux trempés de sueur. Tous les autres, ils font en sorte d’être impec’, faut pas que la mèche déborde, pour eux, une bonne suée ça fait pas propre. Moi je laisse faire au contraire. Les gens, ils voient que je me démène pour eux, ils voient que j’en sue pour eux. Le mec trop propret sur lui, ça fait énarque qui mouillera jamais sa chemise. Villepin, il avait l’air tellement nickel que ça en devenait suspect. Ça a l’air de rien mais c’est travaillé, c’est pensé tout ça, même si c’est pas agréable de poquer de dessous des bras pour avoir l’air actif. Qu’est-ce que tu veux, mon poste, il vaut bien quelques sacrifices…

Bien à toi

Ta miss Elysée 2007 »

07/03/2007

Duhamel-Drucker-Schonberg-Theuriau : quatre poids, deux mesures

C’est une honte pour la démocratie. Pour la France même.

Alors qu’on demande à Alain Duhamel, le plus pertinent des éditorialistes - oui, celui-là même qui avait oublié de parler de Ségolène Royal dans son livre sur les prétendants à l’Elysée - de la mettre en veilleuse le temps de la campagne parce qu’il a déclaré sa flamme électorale à Bayrou.

Alors qu’on impose à Marie Drucker et Béatrice Schonberg de mettre entre parenthèse la présentation des journaux télévisés parce qu’elles se sont mises à la colle avec des hommes politiques de premier plan.

Alors que la suspicion est générale sur l’intégrité des journalistes, il y  en a une à qui l’on demande rien : Mélissa Theuriau.

Et pourtant, dans son édition de lundi, l’hebdomadaire de mécanique quantique Voici a révélé que la recrue de M6 partageait sa vie avec un jeune humoriste né à Trappes qui a joué dans Astérix ou Indigènes, mais dont je ne peux pas donner le nom sous peine de poursuites judiciaires pour atteinte à la vie privée. Encore un nouvel exemple de collusion entre les médias et le pouvoir.

Et pourtant, Mélissa Theuriau va continuer de présenter Zone Interdite comme si de rien n’était. Personne ne se demande si elle pourra conserver son objectivité en interviewant un Laurent Gerra ou une Anne Roumanoff. L’émission pourra-t-elle encore aller creuser là où ça fait mal quand elle traitera des sujets sur la génération montante des comiques français, le cinéma hexagonal, les banlieues, la place des immigrés en France, Zinédine Zidane, Nicolas Anelka ou encore les nouveaux riches, puisque son amoureux est une figure emblématique de tous ces thèmes de société ?

La question est posée. Elle est grave.

David Carzon

08/02/2007

Quand les journalistes passent pour des types hautains, et flics pour des types bornés

La scène se passe dans un bus à Toulon. A l’intérieur, nous sommes une quinzaine de journalistes télé, radio et presse écrite. Nous revenons de l’Arsenal où nous avons suivi une visite candidat UMP/ministre de l’Intérieur (rayez la mention inutile) sur une frégate de la Marine française. Le bus nous ramène vers le Zénith de Toulon où doit se tenir une grande réunion publique avec Nicolas Sarkozy en guest-star. Nous sommes un peu à la bourre. Surtout les télés qui doivent envoyer illico les premières images de ce déplacement à leur rédaction parisienne.

Le bus s’arrête devant le Zénith sur une des deux voies de cette artère. Aussitôt, un policier municipal se plante devant la porte qui s’ouvre. « Vous ne pouvez pas vous arrêter là, allez à la gare routière », explique-t-il. Coincés en haut des marches avec le policier devant eux, certains s’impatientent, mais c’est un dialogue de sourds qui s’amorce.

- On descend du bus, on prend nos affaires dans la soute, y’en a pas pour longtemps, parlementent des journalistes.
- Ce sont des journalistes, ils travaillent, ajoute l’attachée de presse de Nicolas Sarkzoy.
- Et alors, répond le flic comme dans un mauvais épisode de Navarro [il y a un pléonasme dans cette phrase], moi aussi je travaille et j’ai des ordres, on ne s’arrête pas ici.
- Ha non, s’énerve quelqu’un dans le bus, prenant un air outré. On ne va pas à la gare routière, on en a pour un quart d’heure à revenir à pied après, je n’ai pas le temps, vous allez voir moi si je ne vais pas descendre. Je suis de Var-Matin moi, vous allez en entendre parler, je vais écrire à qui de droit.

Et le voilà qui descend et force le passage au flic qui veut l’en empêcher. Le ton monte entre les deux hommes. Une partie des journalistes sont encore bloqués à l’avant du bus. Nous demandons au chauffeur d’ouvrir la porte du milieu libre de tout policier et nous descendons tous par là. En trente secondes, le bus est vide et nous avons tous récupéré nos affaires dans la soute. On imaginait la circulation complètement bloquée par notre faute, et encore plus par celle d’un policier accroché à ses consignes comme un moule à son rocher et qui fait durer une situation qui aurait se débloquer en un rien de temps. Mais non, il n’y a pratiquement pas de voitures qui circulent. Tout ça pour ça.

Nous contournons le bus pour rejoindre le Zénith. Le policier lui, l’a toujours en travers de la gorge et dit le fond de sa pensée à l’attachée de presse du candidat de l’UMP, un peu gênée aux entournures : « Ils se prennent pour qui ces journalistes, ça va pas en rester là, je l’ai repéré le journaliste de Var-Matin, moi aussi je vais écrire. »

Je ne sais pas à qui il va écrire. Mais entre ceux qui pensent que la carte de presse est un passe-droit, et ceux qui estiment que les ordres sont intouchables surtout quand ils ne simplifient la vie de personne, difficile de dire de quel côté penche la balance de la connerie.

David Carzon

 
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