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24/01/2007

De la friture dans la communication

Faire de la communication pour un opérateur de téléphonie mobile peut se révéler un exercice délicat car on a vite fait de se retrouver partagé entre des impératifs de santé publique et ceux de l’entreprise.


Je m’explique. La société SFR a organisé durant le Midem de Cannes une petite conférence de presse pour annoncer plusieurs projets en matière de musique sur la téléphonie mobile. Et balancer aussi qu’ils sont les meilleurs (exactement l’inverse de ce que m’a dit leur concurrent un peu plus tôt dans la journée lors d’une rencontre informelle, mais comme chacun se base sur des chiffres différents, bon courage pour en tirer des conclusions objectives).


medium__L7W9653.jpgLes journalistes invités à la conférence de presse SFR avaient tous un petit sac rouge posé sur leur chaise respective. Avec à l’intérieur, ô merci monsieur SFR, une oreillette Bluetooth, vous savez ces oreillettes dont on ne sait pas trop si elles vous donneront un cancer au cerveau à force de trop les utiliser.


Déjà, il y aurait à redire sur ce genre de présents offerts aux journalistes et l'utilité de ce genre de pratiques. Mais ce n’est pas le plus symptomatique pour une fois. Dans la salle, se trouvait une responsable de la communication SFR nouvellement arrivée. Et quel était son ancien poste ? Elle s’occupait de la communication de l’Association française des opérateurs mobiles (AFOM) qui se veut une sorte d’organisme éthique, moral et social de la filière. Au sein de l’AFOM, cette femme travaillait justement à faire passer certains messages, par exemple pour déconseiller aux utilisateurs une trop grande utilisation du bluetooth au profit de l’oreillette avec fil beaucoup moins inquiétante...

David Carzon

(photo Serge Pouzet/20minutes)

23/01/2007

Faut pas croire, ça bosse quand même

Pour tous les journalistes présents au Midem de Cannes, la journée du lundi est la plus redoutée. C'est celle où s'enchaînent toutes les conférences de presse et où l'on se retrouve noyé sous une avalanche de chiffres, de déclarations, d'analyses...

Ça commence le matin au Palais des Festivals avec le Syndicat national des producteurs phonographiques qui balance les chiffres des ventes de disques en France. Alors forcément, la journée commence de manière maussade vu que ces chiffres sont encore une fois pas très bons. Même Pascal Nègre, le big boss d’Universal (si, vous savez, celui qui adore se faire huer à la Star Ac’) qui finit toujours par faire une sortie à un moment ou un autre, reste étonnamment calme et effacé. Ambiance gueule de bois.

J’apprendrai un peu plus tard que tout était planifié. Les patrons des majors s’étaient vus juste avant la conférence et avaient décidé d’un commun accord d’en faire le moins possible. La raison : la présidentielle approchant et après le déchaînement des passions provoqué par la loi sur les droits d’auteur, les producteurs ne souhaitent pas attirer l’attention sur eux et attendre le prochain ministre de la Culture pour remonter au créneau.

Le temps d’écrire un papier, de l’envoyer au journal, et nous nous retrouvons tous à la conférence de la Sacem à l’hôtel Majestic qui annonce un partenariat avec ses homologues espagnols et italiens, dans la gestion des droits d’auteurs. Le sujet est crucial puisqu’il va faciliter la vie de ceux qui voudraient lancer des plateformes de vente de musique en ligne. Un sujet crucial donc, mais terriblement technique et difficilement explicable simplement pour le grand public.


medium_P1010848.jpg Le temps de m’arracher des cheveux que je n’ai plus, et me voilà à nouveau assis à une autre conférence de presse, celle du syndicat des labels indépendants et toujours à l’hôtel Martinez. Leur analyse sur la crise actuelle est intéressante et fouillée, leurs propositions motivées. Beaucoup de choses sérieuses à en retenir de leur démonstration réalisée sur un nouveau type de support : un « slide-show power point unvirtual » réalisé avec du matériel de pointe, à savoir un feutre et une feuille de papier d’un paper-board. Le monde du disque, ce n’est plus ce que c’était.


Ensuite, encore et toujours au Martinez, c’est au tour du ministre de Culture de venir devant les acteurs filière musicale, les journalistes, les organisateurs du Midem, et les institutionnels. S’il le pouvait, il leur dirait qu'il sait ce que la filière musicale pense de lui, il leur dirait ce qu'il pense d'elle, il reconnaîtrait qu'il n'a pas su faire voter une loi sur les droits d’auteur liés au numérique qui plaise à tous, il reconnaîtrait qu’il est plombé et qu’il ne peut rien faire aujourd’hui alors que la période est cruciale.


Je m’éclipse avant même le début de sa prestation. Je préfère courir à la rencontre avec le bureau export France qui s’occupe de faire la promotion des artistes français à l’étranger. Les chiffres ne sont pas super bons, mais on sent aux Etats-Unis, en Angleterre, en Australie, un peu partout dans le monde, un vrai intérêt pour plusieurs artistes, groupes et mouvements musicaux hexagonaux avec des gens comme Camille, Phoenix, Stuck in the Sound, Daft Punk… De quoi se réjouir un peu dans le marasme ambiant.


Et déjà, il est quasiment 19 heures. Maintenant, c’est la course, il faut trouver une place à la salle de presse, éplucher ses notes pour faire le tri, écrire les papiers, les envoyer à la rédaction… Et encore, moi je peux choisir de parler de ce que j’estime être le plus intéressant. Pas comme Paul, mon collègue de l’AFP qui se doit d’être le plus exhaustif possible. Alors quand moi, je décide de choisir de parler de certaines choses et d'en laisser tomber d'autres, lui ne peut pas se le permettre. Je le sais, c’est un luxe.

David Carzon


17:35 Publié dans Ma vie au midem | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : midem, musique

22/01/2007

Tant qu'il y a à boire, y'a de l'espoir

Oui, l’industrie du disque va mal. Oui, elle souffre. Oui, elle ne sait encore pas trop comment se sortir de l’impasse actuelle. Oui, mais elle a encore soif. Dimanche soir, c’était la grande soirée d’ouverture du Midem à l’hôtel Martinez. Il fallait le voir pour le croire : au bout des longs couloirs aux lumières tamiséesmedium_P1010827.jpg, à l’ambiance d’habitude si feutrée, le quidam invité déboulait dans la grande salle de réception de l’hôtel avec deux énormes bars et des centaines de coupes de champagne. Vu le monde, on pouvait se dire qu’il n’y aurait qu’un service et qu’avec un peu de chance, on pourrait boire juste une petite coupette. Ben non, parce qu’en fait, c’était open bar de chez open bar. Les centaines de coupes de champagne se sont transformées au fil des heures en milliers de coupes. Et on a beau vouloir faire un peu attention à sa dignité, on finit par boire ces coupes comme on mange des escargots : à la douzaines.

 

medium_P1010824.jpg


J’ai commencé par le symbole et le superflu. Toutefois, l’essentiel n’était pas là dans cette soirée. Car au milieu de cet océan de bulles, il y avait des groupes qui jouaient. Quoi ? Des groupes ? De la vraie musique ? Incroyable ! Après deux jours à discuter de l’avenir économique de la filière, de business-models, bref d’argent (ou plutôt son manque d’argent), ça fait du bien de revenir aux fondamentaux : des musiciens sur une scène.


Au programme de ce set sponsorisé par Emi Publishing, quatre groupes très différents. Les Canadiens de Justin Rutledge avaient le rôle le plus ingrat : ouvrir la soirée quand tout le monde est occupé à picoler et à discuter. Mais leur folk avec des vrais morceaux de grosses chemises à carreaux se prêtait bien à l’ambiance cool du moment.


La suite était d’un tout autre niveau. Naturally 7 sont bien sept sur scène comme leur nom l’indique. medium_P1010833.jpgEt si on a l’impression d’entendre un groupe avec des instruments, leur prouesse est de les imiter à la perfection avec leurs seules cordes vocales. Ce ne sont pas seulement des « human beat boxes ». Leur idée va bien au-delà. Chacun a un rôle bien dévolu, chacun a son instrument : guitare, batterie, trompette, basse, platine… Une révélation.


Après, c’était du lourd, Mando Diao est un groupe de rock suédois avec tout ce qui va avec : coupes de cheveux, chemises noires, ceintures qui brillent autant que les pupilles. Après la performance précédente, Mando Diao est venu rappeler à l’assistance que le rock, ça peut faire mal aux oreilles, que ça peut vous prendre aux tripes et vous remuer de l’intérieur. Comme si vous étiez traînés par les pieds par une meute de chiens de traîneaux sur un chemin de cailloux.


Pour le dernier groupe, Shiny Toy Guns qui se situe dans une ligne « punk cold wave », si vous voyez ce que je veux dire, je préfère me garder de tout commentaires artistiques. J’ai surtout remarqué que le chanteur portait des fameux jeans noirs hyper cintrés sur les mollets et les chevilles. Alors je me suis pris à espérer que cela n’annonce pas un retour à la mode de ces pantalons. Parce que, cette période-là des années 80, franchement, je n’en ai pas que des bons souvenirs. Et pas seulement d’un point de vue vestimentaire, je parle aussi de musique.

medium_P1010845.2.jpgC’est en me faisant cette réflexion que j’ai alors aperçu le batteur. Et sa ressemblance avec un ancien participant de la Star Ac’- en version gothique - m’a tellement sauté aux yeux, que je me suis dit que j’avais trop bu et qu’il était temps de rentrer.

David Carzon

10:50 Publié dans Ma vie au midem | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : midem, musique

 
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