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07.09.2007

Google, Wikio, et consorts : aspirateurs à conneries

Il paraît que ce sont des algorythmes, que les machines sont programmées pour ça. Et bien, moi, je dis que la hiérarchie automatique de l’information, c’est pas pour tout de suite. Je m’en suis rendu compte sur mon blogamoi. En regardant la provenance de mes visiteurs, j’ai remarqué que certains venaient de chez Wikio. Et pour arriver jusqu’à dans ma maison 2.0, ils avaient tapé Rocco Siffredi dans le moteur de recherches. Non pas que mon blogamoi ait viré cul pour attirer les foules. Juste que dans une note même encore sèche, j’ai osé expliquer que mon orgueil était aussi développé et turgescent que le pénis de Rocco Siffredi.


Et voilà comment on se retrouve référencé dans Wikio. Je pense que le mec (ou la nana, ne soyons pas sectaire) qui a tapé Rocco Siffredi dans un moteur de recherche en attend autre chose que mes métaphores graveleuses à la con. La liste des tags associés à ce mot-clé laisse d’ailleurs présager des heures de limage intensif à vous culpabiliser des générations entières d’ados pré-pubères qui mettent autant de temps à envoyer la purée que Carl Lewis à courir le 100 mètres.


Ce n’est pas la première fois qu’un tel truc m’arrive.


Flashback premier acte.


Fin août, je fais une petite note mi-déconnante, mi-sérieuse sur une dépêche AFP concernant la nouvelle petite amie de François Hollande. Trois minutes après avoir publié la note, elle se retrouve référencée sur Google News entre deux articles sérieux du Monde.fr et du Nouvelobs.com. Cinq minutes après, mes stats explosent.


Flashback deuxième acte.


Fin avril dernier, je fais une note intitulée « Les stratégies de second tour ». Bien sûr, ça concerne la présidentielle. Bien sûr, y’a quelque trucs vrais au milieu d’un océan de conneries. Même topo. En cinq minutes, ça se retrouve happé sur Google News entre deux articles sérieux. Sauf que là, y’a plein de gens qui déboulent, pensant trouver des réponses avant de voter pour le second tour. Réponses qu’ils peuvent toujours chercher. Résultat : bordée d’injures dans les commentaires et par mails, accusant le journal pour lequel je bosse de ne pas remplir son devoir d’informer, alors qu’ils sont sur un blog qui n’a pas de telles prétentions.


En fait, avec le web 2.0, il manque un truc, un mec pour faire la circulation même si c'est pour me mettre sur une voie de garage. Il faut faire vite, parce que rien qu’avec cette note où y’a écrit Siffredi et Hollande, j’ai peur d’être à nouveau googueullisé ou wikioisé. Pour le coup, on tournerait un peu en rond.

David Carzon 

05.09.2007

Quand le Blogday provoque des plaisirs solitaires... surtout chez un branleur comme moi

Il n’y a que Zette qui a osé brandir un étendard à mon effigie. Je l’ai d’ailleurs remerciée pour un tel acte de courage. Sinon, zobi, pas un autre qui m’estime digne d’intérêt au point de revendiquer la lecture de cet espace à la con.

Tout ceci s’est passé la semaine dernière. Toi, lecteur, tu ne l’as peut-être même pas su, mais le 31 août, c’était le jour du Blogday. Oui, je sais, le jour du Blogday, il y a comme qui dirait un pléonasme mais dis-toi que tout le monde ne pratique pas le grandbriton comme toi et qu’il sera toujours plus simple de comprendre un Jacques Delors en version anglaise (il a même fait des petits et ) qu’un Brad Pitt dans Snatch.

Je t’explique en deux mots le principe du Blogday. Il s’agissait de profiter de cette journée pour afficher sur son blog, ses carnets web préférés, les plus originaux, les plus ce que tu veux. Et donc, en un résumé définitif et brutal, si je me fie à mes statistiques, Zette m’a sauvé du zéro absolu. D’autant que certains blogueurs ont développé des blogrolls et autres hommages originaux avec des dizaines et des dizaines d’adresses. Mais point de demain le monde.

Moi, chez qui l’orgueil est aussi développé et turgescent que le pénis de Rocco Siffredi, j’aurais dû être mortifié, honteux, penaud, déconfit, humilié… J’aurais dû fermer mon blog en me disant que tu ne me méritais pax, sombre crétin de lecteur dont le cerveau produit autant de neurones qu’Airbus vend d’A380.

Et ben pas du tout figure-toi, j’ai même pas été vexé. Même pas mal. La mort de Raymond Barre m’a provoqué à peu près autant d’émotions. Et tu sais pourquoi ? Parce que si ce genre de choses procure un début d’érection, ce n’est pas ça qui va te faire jouir au bout du compte (tiens, je suis très dans la métaphore phallique aujourd’hui).

Oui, je sais, là, tu vas me dire que c’est comme aux Césars, quand le mec il l’a pas, il dit qu’il s’en fout. Tu vas me rajouter un truc à la con genre regarde Obispo, il vendait trop de la mort et pourtant il était super mal parce qu’il avait pas la reconnaissance de ses pairs.

Alors moi, je vais te répondre que je vais te la briser ta paire si tu continues à m’interrompre. Je te dis pas que ça fait pas plaisir, je te dis juste qu’y’a mieux que la reconnaissance d’un jour . Je vais t’expliquer.

A peu près à la même période, j’ai bouffé avec Chryde. Je l’ai déjà dit mais c’est un des rares types pour qui j’ai un respect aussi développé et turges…. Non, j’arrête de jouer avec le concept phallique . On a discuté de plein de choses, de tous ses projets comme BienBienBien. Ça fait un bien fou d’entendre ce mec t’expliquer comment tout ce qu’il a fait depuis des années se retrouve dans ce qu’il concrétise aujourd’hui. Parfois sans même en être conscient.

L’autre truc, c’est que j’ai découvert un blog, celui d'un prof prénommé Charly, que j’ai envie de suivre, de relire, de faire partager à mes amis. Un blog qui m’a fait pisser de rire. Je crois que je ne m’étais pas autant fendu la poire depuis la fois où j’ai relu toutes les notes de mon blog… Han le mec, comment il s’aime trop, tu vas me dire. Toi, le jour où tu comprendras le second degré, y’aura des socialistes dans un gouvernement de droite.

Bon, ce qui est vrai, c’est que je me suis vraiment marré. J’ai envoyé un petit mot au mec. Qui a eu la gentillesse de me renvoyer à son tour un petit commentaire très sympa. Avec des mots qui vont au-delà de la considération réelle que je peux porter à mon petit être vil. Il a même foutu mon blog dans sa blogroll qui ne compte que quelques adresses (au fait Carzon c’est avec un Z et pas un S, au lycée je tapais les profs quand ils se trompaient). Bref, tout ceci respirait la sincérité et la simplicité. Et y’a pas à dire, c’est rare et ça fait du bien.


David Carzon

10.07.2007

Même pendant l’été, il faut que le concours

Que faire de son blog durant l’été ? Voilà une question qu’elle est bonne. Ce truc qui t’accompagne toute l’année, au boulot ou chez toi, devient vite un boulet, la migration estivale étant venue. Imaginez l’angoisse du blogueur qui s’est construit, notes après notes, une audience quotidienne d’au moins 20 lecteurs uniques par jour (ouaaaahhhh) et qui voit en quelques jours, son filon s’effilocher à la faveur de l’été. Comment partir sereinement en vacances quand on sait qu’à la rentrée, il faudra attirer le chaland avec autre chose que les photos de vacances de maman sur la plage (sauf elle fait du seins nus).


Histoire d’évacuer la question personnelle, moi j’ai trouvé la solution : je pars dans un coin plus que paumé où les habitants pensent que le wifi est un chien japonais tellement petit qu’il peut uriner au pied d’un bonzaï. Dès lors, l’équation est simple : pas possible de se connecter, pas besoin de se faire chier…


Alors, vous allez me dire que je pourrais préparer des notes d’avance en programmant leur publication au fil des semaines. Mais moi je vais vous répondre que je n’ai pas que ça à foutre. Déjà que pour pondre une à deux notes par semaine, il faut que je sacrifie ma vie de famille et que si un jour ma fille me reproche d’avoir préféré mon clavier d’ordinateur au lieu de l’aider à construire sa vie, c’est pas vous qui allez devoir lui expliquer que putain, c’est pour elle que j’ai fait tout ça, pour qu’elle soit fière de son papa, pour qu’elle puise à ses copines dans la cour d’école « ouais mon père aussi il a un blog avec plein de gens qui viennent que pour le lire lui ».


Cette année, une nouvelle tendance voit le jour pour tenir le lecteur en haleine, notamment pendant les moments de creux : le concours. On trouve par exemple un blind test pointu organisé par l’excellent et parnurgeophobe Hervé Resse ou un Secret Story version blogueurs (si ça peut vous aider, je crois savoir que dans le lot, il y a un qui est né avec le gène de la connerie, un peu comme dans la série Heroes, il a un super-pouvoir qui lui permet de faire ricaner les gens avec des blagues qui ne feraient pas rire si c’était quelqu’un d’autre qui les disait, je ne sais pas si c’est clair, mais moi je me comprends…). Le débutant Loïc Le Meur donne dans la blogakademy, concours du meilleur blogueur avec bon d’achat et Nokia à gagner à la clé (c’est beau une société du mérite). Sans oublier un garçon comme Mry qui organise régulièrement des concours, dont un en ce moment qu’on pourrait appeler « Ta gueule de traviole ». Et toute l’année, une jeune et fraîche damoiselle questionne ses visiteurs pour deviner si elle se couchera à 3 h du matin ou à 6 h du matin, si elle rentrera de soirée éméchée ou torchée, si elle mettra cette petite robe Courrèges qui lui va si bien ou ce jean qui lui fait un cul tout plat, ou encore combien de cystites elle aura dans le mois.


Qu’il se prenne au sérieux ou pas, le concours reste une arme à double tranchant car tributaire du nombre de joueurs et de leur assiduité. Moi, je fais mettre en place celui du blogueur le plus en vacances. Que mes lecteurs (mon lecteur ?) qui m’aiment (m’aime ?) me suivent (suive ?).

David Carzon 

17.06.2007

Et toi, est-ce que tu « LipDub » dans ta web agency ?

Bon, je sais, j’ai dit que j’étais en pause, mais bordel, y’a un truc marrant qui est en train de naître sur le net alors je sors - provisoirement-  de ma réserve pour glisser ce petit post.


On vous a déjà parlé de « LipDub » à votre boulot ? Non, c’est normal, c’est un peu jeune et si ça se trouve, vous êtes dans une boîte de « culs serrés » et vous n’en entendrez jamais parler. Je suis une tâche en english mais « LipDub » ça veut dire en gros doubler sur les lèvres. Comme un playback, mais pas tout à fait justement. Je m’explique.


C’est Connected Ventures, une web agency top hype cool qui a lancé le truc. Les employés jeunes top hype cool de cette boîte newyorkaise se sont mis en scène et se sont filmés, dans leurs locaux, en train de doubler à tue-tête le méga tube top hype cool Flagpole Sitta du groupe Harvey Danger. Ça donne ça :


Lip Dub - Flagpole Sitta by Harvey Danger from amandalynferri on Vimeo

C’est marrant, bien fait et surtout, on se dit tout de suite - pas seulement que la fille du début elle est très jolie - mais qu’on a envie de bosser dans cette boîte qu’elle a vraiment l’air top hype cool et sympa en plus.


Cette vidéo a fait le tour de la planète oueb pour arriver, notamment, chez Heaven, une web agency parisienne où les chtits nemployés frenchies se sont dit que bordel de merde, eux aussi, ils pouvaient être top hype cool. Alors, avec Chryde, nouvelle recrue heavienne, à la manette et Vincent Moon à la caméra, Heaven a fait son LipDub à elle, en s’éclatant sur le tube top hype cool Undone de Weezer. Et ça donne ça :

 

 

Ça aurait pu en rester là. Mais non, parce que les bonnes idées sur le oueb, ça se transforme vite en virus. Alors Connected Ventures et Heaven ont monté un site avec leurs deux vidéos. Un site où ces deux boîtes top hype cool incitent toutes les autres à les rejoindre dans la top hype coolitude et la déconne, en les défiant de faire elles-aussi leur LipDub.

 
Vu le bordel que ça fout durant l'enregistrement (on n'aura peut-être plus beaucoup l'occasion de foutre le bordel plus ou moins légalement dans les quelques années qui viennent), vu comment les chtits nemployés ont l’air de s’éclater en le faisant, vu la pub que ça fait, ça serait dommage que d'autres ne relèvent pas le défi. D’autant qu’une propagation exponentielle du LipDub irait probablement de pair avec une remontée de l’indice général de satisfaction zygomatesque.


David Carzon

11.06.2007

standby me

 

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Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de David Carzon. Je suis indisponible pour quelques jours, semaines, mois. Vous pouvez laisser un message après le bip.

 

BIIIIIIIIPPPPPPPP 

26.02.2007

Alévêque compte sur les blogs

Dans notre édition papier de ce matin et sur le blog présidentielle de 20 minutes de ce matin, je publie une interview de l'humoriste Christophe Alévêque. La raison : il vient de sortir un livre aux éditions du Panama, Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur, où il compile petites phrases et penses définitives notamment sur la politique et la campagne électorale.

Christophe Alévêque n'est pas seulement le seul chroniqueur drôle de la bande Ruquier. Il écrit aussi des spectacles drôles. Moi, je suis pas trop one-man show, ça doit être mon côté con. Mais j'avoue qu'en regardant le spectacle d'Alévêque, je n'avais pas autant ri depuis que Desproges est mort. C'est pour dire comment je suis à la page question comique troupier. Le bonhomme a un je ne sais quoi d'humour à froid qui me fait me bidonner. Allez lire son interview en forme de commentaires à ses propres vannes, c'est saignant et bien vu.

Pour travailler, Christophe Alévêque lit beaucoup les journaux, mais aussi les blogs (il blogue même ). La preuve avec un morceau de l'interview juste en dessous. Je sais, le son est pourri, je l'ai enregistré avec mon téléphone portable dans un bar avec beaucoup de bruit. En plus, il bouge tout le temps, il arrêtait pas de prendre mon téléphone pour le déplacer sur la table. Bref, le son s'en ressent, mais on comprend ce qu'il dit sur l'intérêt de suivre l'actu avec les blogs.

à écouter ici : podcast

David Carzon 

12.12.2006

Retour en blogs

Puisque ça doit aussi servir à ça un blog, je voudrais faire un retour sur ma série « Blogs » qui est parue la semaine dernière dans 20 Minutes. Des articles qui ont généré plusieurs types de commentaires et de critiques sympathiques ou non (je passe sur les trucs du genre “ça raconte n’importe quoi” sans dire précisément pourquoi). Alors mes réflexions, je les livre ici.

 

Si cette série a eu un effet involontaire, c’est de réveiller la bête qui sommeillait en Chryde. Tout ça à cause d’une petite colonne publiée le premier jour de la série où nous donnions quelques bonnes adresses de blogs. L’adresse du site de Chryde venait en tête de cette blogroll sous le label « Influents » et cette publication a provoqué une réaction presque « gênée » chez l’intéressé. Je cite : « Etrange de monter dans le bus, encore engourdi par la micro-sieste imposée par les tremblements du métro, de feuilleter le 20 Minutes que l'on nous avait tendu quelques minutes auparavant, et de voir son blog cité parmi les "influents" dans une maigre colonne à droite de la page de droite, par un journaliste ami et confrère blogueur estimé. On se dit merci et pourquoi à la fois. On cherche, on invoque, pour soi-même, toutes les raisons possibles, l'amitié, l'estime, la paresse, le clin d'oeil. On en vient même à se demander si le journaliste n'essayait pas ainsi de réveiller ce blog endormi (…) »

 

J’ai déjà répondu à cette note sur le site de Chryde, mais je tiens à repréciser les choses car un commentaire énervé est venu parler de « Renvoi d'acenseur » entre lui et moi. Si j’ai choisi de placer le blog de Chryde dans cette liste, c’est d’abord parce que je le trouve bon. Même si effectivement, il était en sommeil depuis quelque temps. C’est par lui que j’ai découvert les blogs. Bien avant de connaître son auteur personnellement. Et même en sommeil, il y a plein d’archives passionnantes à découvrir pour qui n’a jamais lu un blog. Et depuis, Chryde a pondu deux notes très intéressantes sur les notions d’influence et de listes, appelant les blogueurs à faire une liste qui donne « une image différente de cette blogosphère ». J’en profite pour répéter que notre choix du mot « Influents » dans le journal n’était pas le bon. Il aurait mieux valu choisir celui d’ « Incontournables » comme nous l’avons fait sur 20minutes.fr. Dont acte.

 

Beaucoup ont pu interpréter cette liste comme un classement, ce n’étaient que quelques adresses avec un renvoi sur le site internet de 20 Minutes pour une blogroll beaucoup plus longue. Et bien sûr, il s’agissait d’adresses déjà très connues. Mais ne perdons pas de vue que 20 Minutes est un journal grand public et que parmi nos lecteurs, tous ne sont pas des habitués de la blogosphère. Notre but est de leur faire découvrir ce qui se fait d’intéressante pour qu’ensuite, ils puissent partir eux-mêmes à la découverte de choses nouvelles. C’est aussi dans ce but que sur 20minutes.fr, nous avons ouvert notre blogroll aux lecteurs pour qu’ils puissent l’enrichir de leurs propres découvertes.

 

L’évocation de Loïc Le Meur dans le premier volet de la série a provoqué quelques réactions, notamment chez Monsieur Le Chieur dans une note construite et argumentée qui a retenu mon attention. Et c’est là que je me dis parfois que la formule de 20 Minutes nécessite parfois d’emprunter des raccourcis qui peuvent prêter à des interprétations différentes ce qu’on a voulu écrire. Quand je disais que Loïc Le Meur est considéré comme le blogueur le plus important en France, cela signifiait de la part médias (dont je fais partie), des études d’audiences et d’influence – controversées – sur lesquelles se basent les médias (encore), et d’une partie de la blogosphère. On l’aime ou pas, il irrite ou pas, il séduit ou pas, mais on ne peut nier l’importance – justifiée ou non – qu’a pris ce personnage dans cette bulle. Le quatrième et dernier volet de la série se terminait d’ailleurs par un portrait du personnage (et non de la personne) Le Meur, répondant et allant plus loin que le premier volet qui se voulait simplement une radioscopie.

 

Monsieur Le Chieur a également rebondi sur une petite phrase de Le Meur disant : « Si vous ne bloguez pas, vous n’existez pas. Je crois qu’aujourd’hui l’identité en ligne est plus importante que l’identité réelle ». Cette citation était clairement faite pour provoquer des réactions et elle a atteint son but. On a autant reproché à moi de l’avoir reproduite et à lui de l’avoir prononcée, mais l’intérêt est avant tout de provoquer un débat sur un point qui me semble crucial dans l’importance que prennent ou qu’on donne aux blogs.

 

Mais alors que cette petite phrase a été largement reprise et commentée, le portrait plus complexe de Le Meur qui terminait la série n’a été que peu discuté. Et c’est là où je m’interroge. Ils sont nombreux à bondir sur leurs ergots en reprochant – avec raison parfois - aux médias de tout simplifier et de tout ramener aux mêmes questions et aux mêmes personnes. Et ce sont les mêmes qui commentent sans fin la moindre petite phrase sortie de son contexte. Je suis surpris que le premier volet n’ait pas été relu à la lumière de ce portrait qui me semble éclairant sur bien des points. La blogosphère aurait-elle aussi peu de mémoire que les médias et serait-elle en train de prendre les mêmes travers ? Je ne l’espère pas.

 

Un autre élément m’inquiète. Certains commentaires ont été faits par des personnes ayant lu soit uniquement la version papier, soit seulement la version internet. Par exemple, toujours sur Loïc Le Meur, on nous a reproché de lui avoir donné la parole sans recul en publiant une longue interview sur 20minutes.fr. Sauf que cette interview accompagnait un portrait tout en recul, au titre volontiers provocateur, publié lui dans la version papier. Ces éléments sont complémentaires, ils ne doivent pas s’opposer et être pris séparément sous peine de mauvaises interprétations. Ce qui a été le cas sur certains points pour cette série.

 

Enfin, j’ai reçu beaucoup de mails de gens qui voulaient m’inciter à parler de leur propre blog ou pour me faire part de leur idée « géniale » pour laquelle il faut absolument trouver de l’argent. Pas un seul mail pour me conseiller une adresse sans que ce soit dénué d’intérêt. La blogosphère serait-elle en train de loucher à force de se regarder le nombril ?

 

A votre disposition pour toute discussion ou critique complémentaire.

 

David Carzon

 

PS : à ceux qui s’intéressent au phénomène de la web-TV qui a fait l’objet d’un volet de notre série, allez lire la note prospective de MRY sur le projet Venice. Et jetez un œil également sur la nouvelle plateforme de Gaspanik.tv qui permet notamment d’envoyer des vidéos de Youtube ou de Dailymotion sur un portable.

06.12.2006

Zazon, ze film

Dans la série d'articles sur les blogs que je publie cette semaine dans 20 Minutes, il y a une info qui mérite qu'on revienne dessus un instant. Bien connue pour ses caméras cachées pleines de poésie, Zazon nous  annoncé qu'elle a tourné un film entre Paris et le Vietnam et qu'elle compte le mettre en ligne par épisodes au début de l'année prochaine.medium_ZAZON_CASTRO.jpg

«Cela s’appelle ”Are you Bouddha ?”, nous a-t-elle expliqué. C’est l’histoire d’une attachée de presse stressée qui découvre le bouddhisme et qui part à la recherche de Bouddha. Je suis en train de finir le montage et sera diffusé en février. Je cherche en ce moment à le monétiser. Au cinéma, il y a une pression énorme et les petits films ont des vies ingrates par rapport aux grosses productions. C’est pour cela que mon film autoproduit, je n’ai pas envie de m’épuiser à le sortir dans deux salles au bout de deux ans d’efforts et de négociations.»

Moi, perso, j'ai très envie de voir ça alors j'espère que les mecs qui ont du pognon à foutre dans une expérience nouvelle et intéressante, vont y aller. Car la question cruciale est de savoir si un tel film a une vie sur internet et non d'anticiper le buzz marketing auprès des leaders d'opinion. Nous sommes dans une période de défrichage et ceux qui prennent des paris sur l'avenir méritent aide et attention. A 20 Minutes, nous recevons des mails de personnes qui nous disent : «J'ai une super idée, j'ai besoin d'argent, aidez-moi à me faire connaître pour en trouver.»

Et puis, il y les gens comme Zazon qui font des choses par eux-mêmes, qui prennent des risques en concrétisant d'abord ce qu'ils ont dans la tête avant de se poser la question de l'argent. Question inévitable bien sûr  à un moment ou à un autre. Mais celui qui se fabriquera son identité avant le reste aura toutes les chances de conserver sa liberté artistique quand les financiers commenceront à lui renifler le derrière.

Alors en attendant le film, autant se faire un petit plaisir avec un classique de Zazon.

David Carzon

15.04.2006

LCI faire

Attention, je préfère prévenir le lecteur égaré qui aura atterri ici par hasard : ceci n'est pas une note sexiste et encore moins de la jalousie de ma part. Mais uniquement de la mauvaise foi.

Je m'explique (je ne sais pas d'ailleurs pourquoi j'utilise le je pour me parler à moi-même, comme si j'avais une audience). Plusieurs animateurs plus ou moins connus de LCI ont chacun ouvert leur blog (lire pointblog). Celui de la présentatrice Melissa Theuriaux n'a qu'une note pour le moment, postée le 12 avril. Elle dit :
« Retrouvez-moi très prochainement sur mon blog Culture...
Je vous y exposerai mes coups de coeur cinema, théâtre, littérature, musique...
A très bientôt ! »

Une seule note peut-être, mais déjà sept commentaires, pour la plupart de lecteurs impatients.
Une note pour rien dire, sept commentaires. Alors moi pauvre blogueur perdu dans l'immensité de la toile (heureusement que des fois, on écrit pour soi), je me demande comment elle fait. Mais comment fait-elle ?

David Carzon

 
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