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31/03/2006

has-been or not has-been ?

medium_bormans.4.jpgImaginez une horde de has-been, de chanteurs oubliés, de stars tombées dans l’oubli partir à l’assaut des maisons de disques pour demander à être présents sur les plateformes légales de vente en ligne… Ce n’est pas tout à fait de la fiction, ni de la télé-réalité. Bon, ce n’est pas moi qui ai pensé à ça, c’est Anne Bormans (voir la souriante photo), avocat en droit de la propriété intellectuelle qui me l’a soufflé au cours d’une récente interview.

Le truc est simple. Quand un artiste signe un contrat avec une maison de disque, il lui cède la gestion de ses droits d’auteur. La maison de disques a des droits (celui de récupérer ses sous notamment) mais pas seulement. « Un éditeur a le devoir d’utiliser ces droits en utilisant tous les modes d’exploitation en vigueur », explique Anne Bormans.

Je traduis (Anne Bormans rectifiera si je traduis mal) : des artistes sous contrat qui ont sorti un disque dont l’exploitation dans le monde de la vente physique est terminée, pourraient exiger qu’on fasse leur promotion sur tous les nouveaux supports numériques : MP3, blogs, podcasts…

La question qui se pose alors c’est : pourquoi ne le font-ils pas ? Hein ? Moi, un podcast de Sheila (je dis Sheila au hasard, ça aurait pu être Jean-Pierre François, Frédéric François, François Valéry et encore je ne prends que les François), ça me ferait triper.

David Carzon

28/03/2006

Quand est-ce qu’on touche le fonds ?

Forrester Research s’est penché sur le futur du téléchargement légal. Rien de vraiment nouveau sous le soleil numérique : cet institut prévoit un boom des ventes de musique en ligne d’ici 2011. Celle-ci devrait alors représenter 4 milliards d’euros sur le marché européen, soit 36 % des ventes.

Selon Forrester Research, « il s’agira en grande partie d’une permutation directe, particulièrement chez les jeunes consommateurs, et d’un changement dans leur façon de consommer de la musique qui s’orientera davantage sur les singles que sur les albums ».

Il y a quand même quelque chose qui chiffonne. A en croire les analystes, on se dirige tout droit vers une consommation de la musique de type restauration rapide : « pour moi, ça sera un menu Madonna, avec une grande frite Diam’s, un petit Coldplay, le tout pour 50 Cents ». Bref, les titres les plus téléchargés illégalement deviendront les plus achetés.

Et l’album dans tout ça ? Même s’il restera toujours des acharnés, on peut se demander si l’industrie du disque va continuer d’investir dans des albums si l’avenir ne se conjugue qu’aux singles. Et surtout aura-t-elle envie de mettre son fonds de catalogue à disposition ? Beaucoup d’internautes n’attendent que ça : avoir accès facilement à ce qui n’est plus en vente, aux raretés, aux enregistrements oubliés…

Le P2P a déjà permis de retrouver quelques-unes de ces raretés. Mais il reste de vrais bijoux dans les tiroirs des maisons de disques. Des mines d’or pour les accrocs de musique. Pas forcément pour une industrie en pleine reconstruction.

David Carzon

27/03/2006

Limewire, hypocrite ou réaliste ?

Selon le site Ratatium, l'éditeur de logiciel P2P LimeWire a mis au point « un filtre anti-piratage que les utilisateurs doivent choisir d'activer ou non ». Ce qui revient à placer l’utilisateur devant ses responsabilités sur ce qu'il veut télécharger ou échanger. On peut déjà entendre les voix s’élever pour taxer d’hypocrite LimeWire, un système qui a bâti sa réputation pas seulement sur les échanges légaux.

Mais il est encore plus facile de se retrancher derrière son ordinateur. Le système de filtrage a le mérite de poser clairement le problème du choix de l’internaute dans sa manière d’utiliser le P2P. Durant les débats sur les droits d’auteur liés au numérique, les opposant à la loi ont mis en avant l’utilisation des logiciels P2P pour échanger des fichiers légaux. LimeWire ne fait donc qu’appliquer ce principe.

En revanche, ce système de filtrage ne règle en rien la question du champ de la copie privée tel qu’est en train de définir le gouvernement. Un champ restreint donc où l’exception pour copie privée dans la sphère privée est en train de devenir un droit strictement défini, encadré ou limité (rayé la mention inutile).

David Carzon

 
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