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05/04/2006

Il est mouru Jean-Louis Borloo.

(Tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)

Il est mouru Jean-Louis Borloo. Le corps de l’ancien ministre de la Cohésion sociale qui avait disparu de la circulation depuis deux mois, a été retrouvé dans une petite maison de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne. Il est mort étouffé, et les premiers éléments laissent penser à une mise en scène volontaire de sa mort.

C’est Béatrice Schonberg, sa compagne qui avait annoncé sa disparition, lors du journal de 20 heures du 9 avril. La présentatrice avait lancé un appel déchirant : « Bobo (NDLR : c’est comme ça qu’elle l’appelait dans l’intimité) a quitté le domicile conjugal depuis trois jours, il m’a dit qu’il descendait acheter sa caisse de whisky pour le soir, comme d’habitude, et il n’est jamais revenu. Juste avant on s’était disputé. Il m’avait dit qu’il préférait être dans le journal de Claire Chazal. Moi, je lui avais répondu que j’étais assez professionnelle pour faire la part des choses si je devais le recevoir et l’interviewer. Lui prétendait que ce n’était pas problème, que Claire elle savait s’y prendre pour mettre en valeur ses invités. Là, j’avoue que je l’ai mal pris. Je lui ai dit que moi aussi, je savais mettre en valeur les invités, que je pouvais faire sembler de poser des questions qui fâchent juste pour donner le change, que Claire Chazal elle avait rien inventé, que ça se faisait déjà sous l’ORTF, et que s’il ne voulait pas venir à mon 20 heures, je démissionnerais pour aller m’inscrire à la CGT. Bobo, si tu m’entends, je veux te dire que mes mots ont dépassé ma pensée, que je suis incapable de faire ça. Reviens. »

Si la disparition du ministre a été rapidement confirmée, la piste de la dispute a tout aussi vite été abandonnée. En effet, cet événement semblait plutôt lié à la crise du CPE, un contrat dont Jean-Louis Borloo ne voulait pas. Peu de temps avant de s’évanouir dans la nature, le Premier ministre l’avait chargé de renouer le dialogue social avec les syndicats après les grandes grèves. Mais il avait traîné des pieds et c'est Nicolas Sarkozy qui avait fini par s’emparer du dossier. Et lors du dernier conseil des ministres auquel il avait assisté, le ministre de la Cohésion sociale a ostensiblement boudé l’assistance en répétant sans arrêt : « Là, c’est trop, là c’est trop ».

Les enquêteurs ont finalement retrouvé sa trace après qu’une personne s’appelant Jean-Louis Borloo a pris sa carte au PS en s’abonnant par internet. Les policiers ont remonté la trace pour localiser l’ordinateur qui avait servi au paiement. Ils sont arrivés à Montereau, dans une maison à 100000 euros dont le ministre avait inventé le concept et où il avait donc trouvé refuge. A côté du corps sans vie, une serpent coincé au fond de la gorge, un mot manuscrit : « J’ai avalé trop de couleuvres ».

David Carzon

22/03/2006

Il est mouru Dominique de Villepin

(Tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)

L’homme qui disait toujours « non » n’a pu que dire « oui » à la Grande Faucheuse. Et avec la disparition de celui qu’on surnommait – tel un porte-avion - L’Intransigeant, ce sont quinze années de dictature par obstination qui se terminent.

Cette tyrannie était née au printemps 2006 lors de la bataille du Contrat Première Embauche que Dominique de Villepin, alors Premier ministre, avait voulu mettre en place à tout prix. Malgré les millions de gens dans la rue, malgré les manifestations, les violences et les demandes d’apaisement venant de son propre parti, il avait refusé de retirer son CPE.

Mais pas seulement puisqu’il avait aussi refusé de quitter son poste lorsque le Président lui avait demandé de démissionner. Puis il avait refusé de quitter Matignon après la victoire à la présidentielle 2007 du candidat surprise Edouard Balladur. Ce dernier avait alors fait appel à l’armée mais les militaires – disciplinés par nature - n’avaient pu qu’obéir à l’autoritarisme du noble rebelle, installé de fait dans un fauteuil de dictateur.

Satisfait par sa posture d’inflexibilité, Dominique de Villepin persuadé d’être le seul à détenir la clé pour revenir au plein emploi, a persisté dans cette voie du refus systématique : « non » au dialogue social, « non » au code du travail, « non » à la solidarité nationale, « non » aux revenus de l’assistance, « non » aux syndicats, « non » aux statistiques sur la précarité…

Et les résultats ont été au rendez-vous : presque plus de chômeurs, presque plus de rmistes, une assurance-chômage redevenue bénéficiaire, des entreprises établissant record de croissance sur record de croissance… Des résultats salués par la Chine. Seul point noir de cette politique négativiste, la croissance exponentielle des bidonvilles autour des grandes agglomérations.

Il y a un an, les médecins ont diagnostiqué à Dominique de Villepin, un Carcinome Purulent Etendu, nécessitant une opération immédiate. « Il n’y aura ni retrait, ni dénaturation de mon CPE à moi », a toujours répété L’Intransigeant à ses docteurs, malgré la détérioration de son état de santé. Une inflexibilité qui lui a donc été fatale.

David Carzon

12/03/2006

Il est mouru Renaud Donnedieu de Vabres

(tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)

Il est mouru Renaud Donnedieu de Vabres. Il est mouru alors que son projet de loi sur les droits d’auteur à l’ère du numérique revenait la semaine prochaine, pour la 17ème fois devant l’Assemblée nationale. Le ministre de la Culture ne verra donc jamais cette loi qu’il portait depuis plus de dix ans, votée définitivement par le Parlement.

Renaud Donnedieu de Vabres restera dans les annales pour deux records : celui de la discussion parlementaire la plus longue et celui du ministre le plus longtemps en place. La faute à qui ? La faute à lui. Il faut revenir une décennie en arrière pour comprendre la trajectoire « tout droit dans le mur » de cet ovni de la politique.

En décembre 2005, Renaud Donnedieu de Vabres présente pour la première fois, son projet de loi devant l’Assemblée nationale. Avec le soutien de sa majorité écrasante, cela aurait dû être du tout cuit. Sauf que rien ne va se passer normalement. Le 21 décembre, dans un hémicycle vide, quelques députés frondeurs légalisent le P2P et la licence globale. Premier revers.

En mars 2006, lorsque le projet de loi revient à l’Assemblée, le ministre tente une manipulation procédurale pour revenir sur la légalisation du P2P. C’est le début d’un vote sans fin. Tout ça à cause d’une petite phrase prononcée par le ministre une après-midi du 9 mars : « Dans le cas où des divergences profondes subsisteraient au terme de deux débats sereins à l'Assemblée nationale et au Sénat, le Gouvernement ne limitera en rien le temps de ce débat. » Une phrase lourde de conséquences puisque le Conseil Constitutionnel l’a prise au pied de la lettre en imposant effectivement que députés et sénateurs se mettent d’accord pour valider le texte de loi. Ce qui n’est jamais arrivé.

Résultat : même après la victoire de Lionel Jospin à la présidentielle 2007, Renaud Donnedieu de Vabres a dû être reconduit dans ses fonctions de ministre de la Culture sur ordre du Conseil Constitutionnel pour qu’il puisse mener à bien son texte de loi. A chaque remaniement ou changement de majorité, il a donc été maintenu rue de Valois. Sans toutefois parvenir à faire voter sa loi.

Une autopsie va être pratiquée pour déterminer les causes de la mort. Le corps du ministre a été retrouvé entièrement desséché devant son ordinateur. Les policiers ont déjà une piste. En effet, le ministre avait disparu de la circulation depuis plusieurs semaines, après avoir déclaré à ses collaborateurs : « Je ne sortirai pas de chez moi, je ne lèverai pas le nez de mon ordinateur même pour m’alimenter tant que je n’aurai pas prouvé qu’on trouve autant de morceaux sur les plateformes légales que sur les réseaux P2P ». Ça aussi donc il n’y est pas arrivé.

David Carzon

 
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