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13/02/2007

La vache à boire versus le Yop

Note supprimée. Aucun intérêt.

08/02/2007

Quand les journalistes passent pour des types hautains, et flics pour des types bornés

La scène se passe dans un bus à Toulon. A l’intérieur, nous sommes une quinzaine de journalistes télé, radio et presse écrite. Nous revenons de l’Arsenal où nous avons suivi une visite candidat UMP/ministre de l’Intérieur (rayez la mention inutile) sur une frégate de la Marine française. Le bus nous ramène vers le Zénith de Toulon où doit se tenir une grande réunion publique avec Nicolas Sarkozy en guest-star. Nous sommes un peu à la bourre. Surtout les télés qui doivent envoyer illico les premières images de ce déplacement à leur rédaction parisienne.

Le bus s’arrête devant le Zénith sur une des deux voies de cette artère. Aussitôt, un policier municipal se plante devant la porte qui s’ouvre. « Vous ne pouvez pas vous arrêter là, allez à la gare routière », explique-t-il. Coincés en haut des marches avec le policier devant eux, certains s’impatientent, mais c’est un dialogue de sourds qui s’amorce.

- On descend du bus, on prend nos affaires dans la soute, y’en a pas pour longtemps, parlementent des journalistes.
- Ce sont des journalistes, ils travaillent, ajoute l’attachée de presse de Nicolas Sarkzoy.
- Et alors, répond le flic comme dans un mauvais épisode de Navarro [il y a un pléonasme dans cette phrase], moi aussi je travaille et j’ai des ordres, on ne s’arrête pas ici.
- Ha non, s’énerve quelqu’un dans le bus, prenant un air outré. On ne va pas à la gare routière, on en a pour un quart d’heure à revenir à pied après, je n’ai pas le temps, vous allez voir moi si je ne vais pas descendre. Je suis de Var-Matin moi, vous allez en entendre parler, je vais écrire à qui de droit.

Et le voilà qui descend et force le passage au flic qui veut l’en empêcher. Le ton monte entre les deux hommes. Une partie des journalistes sont encore bloqués à l’avant du bus. Nous demandons au chauffeur d’ouvrir la porte du milieu libre de tout policier et nous descendons tous par là. En trente secondes, le bus est vide et nous avons tous récupéré nos affaires dans la soute. On imaginait la circulation complètement bloquée par notre faute, et encore plus par celle d’un policier accroché à ses consignes comme un moule à son rocher et qui fait durer une situation qui aurait se débloquer en un rien de temps. Mais non, il n’y a pratiquement pas de voitures qui circulent. Tout ça pour ça.

Nous contournons le bus pour rejoindre le Zénith. Le policier lui, l’a toujours en travers de la gorge et dit le fond de sa pensée à l’attachée de presse du candidat de l’UMP, un peu gênée aux entournures : « Ils se prennent pour qui ces journalistes, ça va pas en rester là, je l’ai repéré le journaliste de Var-Matin, moi aussi je vais écrire. »

Je ne sais pas à qui il va écrire. Mais entre ceux qui pensent que la carte de presse est un passe-droit, et ceux qui estiment que les ordres sont intouchables surtout quand ils ne simplifient la vie de personne, difficile de dire de quel côté penche la balance de la connerie.

David Carzon

17/01/2007

La rencontre entre deux histoires d’amour à mort

Je ne suis très assidu à mon blog en ce moment, mais j’avais de bonnes raisons et je vais en détailler une d’entre elles. Ça va parler mort encore, mais cette fois, ce n’est pas drôle. Et pourtant, tellement fort.

Demain, Laurent Malet sort un livre (En attendant la suite, éditions Le Cherche Midi) où il raconte comment il a aidé sa mère à mourir il y a une vingtaine d’années alors que celle-ci était atteinte d’un cancer cérébral incurable. Son livre arrive alors qu’il y a quelques semaines, un homme de 29 ans, en état végétatif, a « bénéficié » de la nouvelle loi du droit au laisser-mourir. En gros, les médecins ont débranché la sonde gastrique qui le maintenait en vie et tout le monde a attendu qu’il meure. Ça a pris six jours pour qu’il décède de faim et de soif. Tout en ayant de violentes convulsions. Selon les médecins, il ne souffrait pas, mais imaginez la famille assistant à ce "spectacle".

A l’occasion de la sortie du livre de Laurent Malet, nous avons organisé et filmé la rencontre entre l’acteur et Marie Humbert, la mère de Vincent, ce jeune tétraplégique dont l’histoire avait ému la France entière il y a quelques années. Laurent Malet et Marie Humbert ont pu confronter leurs expériences face à la maladie et aux médecins, leurs doutes, leurs sentiments, leur colère...

Cette rencontre (qui donne lieu à une double page dans notre édition de ce matin) s’est déroulée vendredi dernier dans les locaux de 20 Minutes. Ils sont arrivés en même temps (Marie Humbert était accompagné de Vincent Léna, le président de l’association Faut qu’on s’active qui la soutient). Tous les deux ne se connaissaient pas, mais chacun avait pris la peine de lire le livre de l’autre. Ils étaient un peu intimidés. Moi encore plus. En effet, c’est la première fois que nous organisons ce genre de rencontres filmées pour nourrir à la fois la version papier mais aussi le web.

Nous avions prévu un dispositif simple : tout les deux sont face à moi, et deux caméras filment l’échange. J’avais découpé mon plan d’interview en quatre parties : face à la maladie, face à la médecine, face à la mort, et face à la loi. Et prévu beaucoup de questions au cas où…

Je n’en ai pas eu besoin. Dès qu’ils sont arrivés, ils se sont mis à se parler en buvant un café. J’ai même été obligé de les interrompre pour prendre place dans les fauteuils que nous avions installés et commencer l’interview. Celle-ci a duré une heure et quart. Tous les deux se sont livrés sans retenue, avec des moments très émouvants, n’osant pas s’interrompre mais n’hésitant à poser des questions et à rebondir. Même si j’ai mené le débat, j’ai eu l’impression qu’ils auraient pu discuter des heures sans moi.

D’ailleurs, l’interview terminée, ils ont continué à se parler tout naturellement, avant de tomber dans les bras l’un de l’autre, de se dédicacer leurs livres et de promettre de se revoir. « Vous êtes un peu comme un fils pour moi », Ils sont partis ensemble, poursuivant leurs confidences. Moi, je n’existais plus. Et c’est ça qui est bien. A voir ici.

David Carzon

 
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