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26/03/2007

Joffrin moteur

Vous ne savez pas qui voter ? Vous hésitez ? Ou encore vous êtes de gauche et vous avez envie de voter Bayrou ? Bref, vous êtes dans la merde. Une seule solution : lire Libération de ce lundi. Vous trouverez en page 36 dans la rubrique Rebonds, un texte de Laurent Joffrin, directeur de Libération sur la « Bayrou-attitude ».

Que nous dit le nouveau patron de Libé ? Ben, c’est simple : si vous n’êtes pas devenu centriste, vous n’avez pas le droit de voter Bayrou. Si vous êtes à l’UMP et que vous n’aimez pas Sarkozy, vous n’avez pas le droit de voter Bayrou. Si vous êtes au PS et que Ségolène Royal ne vous plaît, vous n’avez pas le droit de voter Bayrou. Sauf si, et seulement si, donc, vous êtes devenu centriste. Sinon, malheur à vous si vous ne votez pas pour votre famille politique.

Bon, déjà, moi, les patrons de journaux comme Libé qui donnent des consignes de non-vote – ce qui revient à donner des consignes de vote – ça me sort par les yeux et ça me donne envie d’acheter Mon Petit Quotidien à la place. Dans une démocratie, le principe est simple : les gens votent ce qu’ils veulent. Sinon, on n’a qu’à interdire certains candidats.

Mais le problème, c’est que le raisonnement de Joffrin est foireux. Si des gens ont envie de voter Bayrou, c’est qu’il répond à une attente de ces électeurs, qu’ils soient de gauche ou de droite. Pareil pour les autres candidats. Et pourquoi se cristalliser sur Bayrou ? A l’UMP, la dispersion des voix concerne aussi bien le FN que l’UDF. En face, des socialistes préféreront eux, donner leur voix à l’extrême gauche.

Dans le monde tel que l’imagine Joffrin, tous les électeurs qui aiment l’Europe auraient voté pour le traité constitutionnel européen. Ce n’a pas été le cas et c’est bien parce que certains aiment l’Europe qu’ils ont voté contre. On devrait s’en souvenir.

David Carzon

21/03/2007

Pas assez de confiture pour beaucoup de cochons

Vous mettez une tarte aux pommes pour vingt goujats, que croyez-vous qu’il se passe ? Certains vont vouloir tout partager de manière équitable, d’autres voudront le maximum de parts pour eux seuls, d’autres encore juste les pommes ou juste la pâte, enfin il y a ceux qui ne mangeront rien mais filmeront les autres en train de manger ou de se battre pour leur part.


Vous visualisez la scène ? Et bien la campagne électorale, c’est un peu ça en ce moment. Il y a peu de nourriture pour beaucoup de monde. C’était flagrant dimanche au meeting pour la jeunesse de Nicolas Sarkozy au Zénith. Avec Laurent Troude (l’excellent photographe de Libé), on regardait le nombre de photographes, de caméramans, de camescopmans qui faisaient tous les mêmes images, s’intéressaient tous aux mêmes scènes, interrogeaient les mêmes jeunes…

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La multiplication de nombre de reporters de tous poils est bien sûr liée à l’explosion d’internet, des blogs, des webtélés… En soi, ce n’est pas une mauvaise chose, le problème c’est que les politiques donnent eux, la même chose à ces nouveaux médias qu’aux médias traditionnels. On se retrouve tous sur le même gâteau.


Après, c’est bien évidemment le talent qui parvient à faire la différence. Mais tout le monde ne peut pas faire du Magne&Viard, du Politic Show ou du IPol, trois exemples de gens qui ont su, dans trois registres différents, contourner les règles, convaincre les politiques de laisser travailler, trouver un ton, un créneau pour faire du neuf avec du vieux…


Mais fondamentalement, les hommes et les femmes politiques n’ont pas, eux, changé leurs manières de travailler. Certains ont ouvert des blogs pour faire leur com’, mais jamais pour parler de campagne électorale, de politique, de coulisses, tout simplement pour parler d’eux...


Les partis ont tous ouvert leurs portes à ces nouveaux médias, mais de la même manière qu’avec les autres médias. Pour un Arnaud Montebourg qui se livre à Politic Show ou un José Bové qui se laisse suivre par Magne&Viard, combien continuent de fonctionner de la même manière ? Pas assez. D’autant que plus ils sont présents dans les médias, plus ils cherchent à contrôler leur image à tout prix. Et là, la tarte aux pommes se transforme en une maigre part.

David Carzon

(photo Sébastien Ortola / 20 Minutes) 

17/03/2007

Guillaume sort du rang et ferait mieux d’y rester

J’en ai encore les poils hérissés sur les bras. Le fautif : Guillaume Durand qui était interviewé dans l’émission + Clair ce midi sur Canal +. Quand il parle de livres, ce type est déjà insupportable. Mais quand en plus, il vient donner des leçons de déontologie à tout le monde, c’est comme si Jean-Marie Le Pen faisait une thèse sur la fraternité.

Invité à réagir sur l’éviction de Duhamel après sa prise de position pour François Bayrou, Durand s’en est pris violemment et personnellement à l’« éditeur-éditorialiste-blogueur » Guy Birenbaum. Mélangeant coupe-choux et les bœufs-carottes, et se faisant le tenant d’une morale journalistique qui ne lui sied guère.

Je passe sur l’attaque personnelle qui voudrait que Birenbaum s’en soit pris à Alain Duhamel pour faire chier son frère Patrice, un des pontes de France 2. Birenbaum est le mieux placé pour répondre à cela.

Non, moi, ce qui me hérisse surtout, c’est qu’on ait laissé croire durant tout le passage de l’émission que c’est Birenbaum qui est à l’origine de la diffusion de cette vidéo. C'EST FAUX ET ARCHI-FAUX. Il faut rappeler que cette vidéo a été diffusée en premier lieu, par les jeunes UDF eux-mêmes, pour justement faire connaître le soutien de l’éditorialiste multi-cartes à François Bayou. Dans un souci donc électoraliste, sauf que ce soutien s’est retourné contre son auteur. Cette vidéo est restée confidentielle jusqu’à ce que Birenbaum la diffuse sur son blog qui n'a été qu'un accélérateur. Et je vous invite à aller voir la note originelle de Birenbaum qui est très prudente, pas vengeresse.

Donc voilà Durand et consorts qui disent que sur les blogs, on peut faire et dire n’importe quoi, qu’il n’y a pas de déontologie. Et eux, parce qu’ils travaillent à la télévision, disent justement n’importe quoi, travestissent la vérité, transforment les faits à leur sauce, sans se soucier de savoir si ce qu’ils disent est vrai ou pas. Ils font exactement la même chose que ce qu’ils dénoncent.
Puant. A gerber.

Sur les blogs justement, on ne peut pas dire n’importe quoi. Parce que vous êtes généralement repris de volée. Durand qui dit une énormité à la télé, qui va le reprendre en tems réel si le journaliste en face ne connaît pas son dossier ? Personne.

Guillaume Durand au fait, vous voyez qui c’est ? C’est ce journaliste qui un jour, sur la 5 de Berlusconi, avait assuré avoir la preuve que l’actrice Pauline Laffont était toujours en vie. Vous allez me dire, c’est du passé, on fait tous des boulettes, des conneries. Vous allez me dire que même Bernadette Lafont lui a pardonné. Je veux bien. Je trouve juste dommage que cela ne lui ait pas appris l’humilité.

David Carzon

 
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