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31/03/2007

Quelles valeurs transmettre à nos enfants dans une société qui a perdu tous ses repères ?

Cela fait déjà un moment que les parents sont totalement déboussolés et ne savent plus quelles valeurs transmettre à leurs enfants, ni comment partager le peu qu’ils leur restent. C’est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier. En effet, depuis hier, toute l’humanité a fait un grand pas en arrière et je ne vois plus comment les différentes générations vont pouvoir se passer le témoin.

Que reste-t-il  partager ? Peu de choses en fait. Toutes les valeurs foutent le camp et l’enfant d’hier qui ne souhaitait qu’une chose, suivre les traces de ses parents pour aller plus loin et plus haut qu’eux, cet enfant-là n’aspire qu’à une chose, faire péter son score sur son dernier jeu Playstation.

Où est le dialogue père-fils ou mère-fille qui construisait un homme ou une femme ? Quand je parle de dialogue, je pense aussi à ces affrontements entre parents et enfants, qui, s’ils les divisent un temps, au bout du compte les rendent plus forts et meilleurs chacun de leur côté. Où cet instant privilégié où l’enfant pouvait perdre son innocence en toute tranquillité parce qu’il se savait guider par des parents protecteurs et bienveillants ? Où est ce moment où des individus issus d’un même patrimoine génétique se sentait famille ?

Depuis vendredi, ce moment n’est plus.

Depuis vendredi, Téléfoot est parti sur France 2.

Cela fait trente ans que tous les dimanches, pères et fils allument leur téléviseur à 11 heures du matin le dimanche [ça n’a pas toujours été cet horaire-là] et s’installent, parfois même pas encore lavés, pour voir durant une heure tous les buts du championnat de France de football. Cela fait trente ans que pendant ce temps, mères et filles préparent le rôti du midi. Cela fait trente ans que des familles se construisent durant cette heure-là. Cette heure où les non-dits importent plus que les grands discours moralisateurs, où les disputes s’interrompent, où de nouvelles conversations s’engagent, où le temps s’arrête...

Maintenant que Téléfoot n’est plus sur TF1, comment un père qui ne pourra plus s’appuyer sur l’exemple du PSG, va-t-il pouvoir apprendre à son fils qu’une défaite doit servir normalement à apprendre à se dépasser ? Maintenant que Téléfoot n’est plus sur TF1, comment un père pourra, puisqu'il n'aura plus d’interviews d'entraîneurs sous la main, faire comprendre à son fils qu’il est important se faire comprendre quand on parle ? Maintenant que Téléfoot n’est plus sur TF1, comment une mère pourra-t-elle expliquer à sa fille ses secrets de cuisine ?

Depuis vendredi, Téléfoot est parti sur France 2 et plus rien ne sera comme avant.

David Carzon

15:20 Publié dans ducon | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : telefoot, TF1, France 2

26/03/2007

Joffrin moteur

Vous ne savez pas qui voter ? Vous hésitez ? Ou encore vous êtes de gauche et vous avez envie de voter Bayrou ? Bref, vous êtes dans la merde. Une seule solution : lire Libération de ce lundi. Vous trouverez en page 36 dans la rubrique Rebonds, un texte de Laurent Joffrin, directeur de Libération sur la « Bayrou-attitude ».

Que nous dit le nouveau patron de Libé ? Ben, c’est simple : si vous n’êtes pas devenu centriste, vous n’avez pas le droit de voter Bayrou. Si vous êtes à l’UMP et que vous n’aimez pas Sarkozy, vous n’avez pas le droit de voter Bayrou. Si vous êtes au PS et que Ségolène Royal ne vous plaît, vous n’avez pas le droit de voter Bayrou. Sauf si, et seulement si, donc, vous êtes devenu centriste. Sinon, malheur à vous si vous ne votez pas pour votre famille politique.

Bon, déjà, moi, les patrons de journaux comme Libé qui donnent des consignes de non-vote – ce qui revient à donner des consignes de vote – ça me sort par les yeux et ça me donne envie d’acheter Mon Petit Quotidien à la place. Dans une démocratie, le principe est simple : les gens votent ce qu’ils veulent. Sinon, on n’a qu’à interdire certains candidats.

Mais le problème, c’est que le raisonnement de Joffrin est foireux. Si des gens ont envie de voter Bayrou, c’est qu’il répond à une attente de ces électeurs, qu’ils soient de gauche ou de droite. Pareil pour les autres candidats. Et pourquoi se cristalliser sur Bayrou ? A l’UMP, la dispersion des voix concerne aussi bien le FN que l’UDF. En face, des socialistes préféreront eux, donner leur voix à l’extrême gauche.

Dans le monde tel que l’imagine Joffrin, tous les électeurs qui aiment l’Europe auraient voté pour le traité constitutionnel européen. Ce n’a pas été le cas et c’est bien parce que certains aiment l’Europe qu’ils ont voté contre. On devrait s’en souvenir.

David Carzon

21/03/2007

Pas assez de confiture pour beaucoup de cochons

Vous mettez une tarte aux pommes pour vingt goujats, que croyez-vous qu’il se passe ? Certains vont vouloir tout partager de manière équitable, d’autres voudront le maximum de parts pour eux seuls, d’autres encore juste les pommes ou juste la pâte, enfin il y a ceux qui ne mangeront rien mais filmeront les autres en train de manger ou de se battre pour leur part.


Vous visualisez la scène ? Et bien la campagne électorale, c’est un peu ça en ce moment. Il y a peu de nourriture pour beaucoup de monde. C’était flagrant dimanche au meeting pour la jeunesse de Nicolas Sarkozy au Zénith. Avec Laurent Troude (l’excellent photographe de Libé), on regardait le nombre de photographes, de caméramans, de camescopmans qui faisaient tous les mêmes images, s’intéressaient tous aux mêmes scènes, interrogeaient les mêmes jeunes…

medium_SARKOZY.2.JPG

La multiplication de nombre de reporters de tous poils est bien sûr liée à l’explosion d’internet, des blogs, des webtélés… En soi, ce n’est pas une mauvaise chose, le problème c’est que les politiques donnent eux, la même chose à ces nouveaux médias qu’aux médias traditionnels. On se retrouve tous sur le même gâteau.


Après, c’est bien évidemment le talent qui parvient à faire la différence. Mais tout le monde ne peut pas faire du Magne&Viard, du Politic Show ou du IPol, trois exemples de gens qui ont su, dans trois registres différents, contourner les règles, convaincre les politiques de laisser travailler, trouver un ton, un créneau pour faire du neuf avec du vieux…


Mais fondamentalement, les hommes et les femmes politiques n’ont pas, eux, changé leurs manières de travailler. Certains ont ouvert des blogs pour faire leur com’, mais jamais pour parler de campagne électorale, de politique, de coulisses, tout simplement pour parler d’eux...


Les partis ont tous ouvert leurs portes à ces nouveaux médias, mais de la même manière qu’avec les autres médias. Pour un Arnaud Montebourg qui se livre à Politic Show ou un José Bové qui se laisse suivre par Magne&Viard, combien continuent de fonctionner de la même manière ? Pas assez. D’autant que plus ils sont présents dans les médias, plus ils cherchent à contrôler leur image à tout prix. Et là, la tarte aux pommes se transforme en une maigre part.

David Carzon

(photo Sébastien Ortola / 20 Minutes) 

 
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