Avertir le modérateur

26/02/2007

Alévêque compte sur les blogs

Dans notre édition papier de ce matin et sur le blog présidentielle de 20 minutes de ce matin, je publie une interview de l'humoriste Christophe Alévêque. La raison : il vient de sortir un livre aux éditions du Panama, Surtout, n'oubliez pas d'avoir peur, où il compile petites phrases et penses définitives notamment sur la politique et la campagne électorale.

Christophe Alévêque n'est pas seulement le seul chroniqueur drôle de la bande Ruquier. Il écrit aussi des spectacles drôles. Moi, je suis pas trop one-man show, ça doit être mon côté con. Mais j'avoue qu'en regardant le spectacle d'Alévêque, je n'avais pas autant ri depuis que Desproges est mort. C'est pour dire comment je suis à la page question comique troupier. Le bonhomme a un je ne sais quoi d'humour à froid qui me fait me bidonner. Allez lire son interview en forme de commentaires à ses propres vannes, c'est saignant et bien vu.

Pour travailler, Christophe Alévêque lit beaucoup les journaux, mais aussi les blogs (il blogue même ). La preuve avec un morceau de l'interview juste en dessous. Je sais, le son est pourri, je l'ai enregistré avec mon téléphone portable dans un bar avec beaucoup de bruit. En plus, il bouge tout le temps, il arrêtait pas de prendre mon téléphone pour le déplacer sur la table. Bref, le son s'en ressent, mais on comprend ce qu'il dit sur l'intérêt de suivre l'actu avec les blogs.

à écouter ici : podcast

David Carzon 

07:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : aleveque, blog, presidentielle, 2007

17/02/2007

Duhamel : le mirage de la transparence

Ce qui m’a le plus surpris dans ce qu’on peut appeler l’affaire Duhamel, c’est le soutien quasi-général dont le chroniqueur a fait l’objet. Du côté des journalistes, c’est le genre de réflexe corporatiste qui me m’étonne guère. Mais même la blogosphère a pris la défense de l’éditorialiste au nom d’un nouveau concept immaculé : la transparence. Mais tous ces soutiens s’appuient sur deux arguments totalement aberrants.



1) Il faudrait que tous les éditorialistes fassent leur coming-out politique


- Et pourquoi pas qu’ils affichent leurs préférences sexuelles aussi ? Voici typiquement le genre d’idées faussement démocratiques. Si tous les éditorialistes affichaient leur opinion, le débat politique serait-il plus clair ? Bien sûr que non malgré ce que de nombreux blogueurs affirment. Le public sera toujours tenté d’appliquer une grille de lecture basée sur la conviction personnelle qu’il connaît de l’intervieweur ou qu’il croit connaître. Avant, quand on se doutait simplement que Duhamel était à droite, tout le monde trouvait qu’il se comportait de la même manière avec tous les hommes politiques (je parle de la forme, pas forcément du fond). Maintenant qu’on sait qu’il a envie de voter Bayrou, on ne pourra plus avoir cette impression même si lui se comporte exactement pareil. Où est la transparence dans tout ça ? Qui est gagnant ?


- Duhamel annonce en novembre qu’il va voter Bayrou. Et aujourd’hui, qu’en pense-t-il ? Il s’est passé près de quatre mois, il y a eu la primaire socialiste, la désignation du candidat de l’UMP... A-t-il changé d’avis comme cela arrive à tout le monde au cours d’une campagne électorale ? La transparence imposerait qu’il étale ses états d’âme, ses revirements, ses doutes. Ce qui implique une chose : une interview politique serait donc interprétée, non pas en fonction des réponses de l’interviewé, mais en fonction de ce que pense l’intervieweur au moment même  de l’entretien.


- Reprenons ensuite le contexte dans lequel cette vidéo a été diffusée. Ce sont les jeunes UDF à l’origine de l’enregistrement qui l’ont eux-mêmes mise en ligne pour afficher un soutien de poids à Français Bayrou. Il s’agissait donc pour eux d’un argument à valeur électorale, cela n’a donc rien à voir avec une notion de transparence. C’était : « Bayrou, il est bien, même Duhamel le soutient ». L’engagement d’un éditorialiste ne peut pas se faire sans récupération.


- Et puis dernière chose, imaginez qu’un éditorialiste ou intervieweur politique annonce qu’il vote Le Pen. Quelle serait la réaction de tous ceux qui disent que cela ne les dérange pas que Duhamel interviewe Bayrou après son coming-out politique, qu’ils préfèrent même le savoir ? Quelle serait leur réaction si ce journaliste pro-lepéniste interviewait Le Pen dans une émission en prime-time ? Auraient-ils le même raisonnement ? Je n’en suis pas vraiment sûr.



2) Tous les autres éditorialistes ne cachent guère leur opinion politique, alors pourquoi virer Duhamel


- La vraie question est : pourquoi ne pas virer tous les autres ? En réalité, c’est bien tout le système qu’il faut revoir. Déjà, en 2005, le référendum sur le traité constitutionnel avait montré le fossé qui s’était creusé entre les éditorialistes d’une part et les lecteurs-téléspectateurs-citoyens-électeurs d’autre part. Le système est vicié et n’a plus de raison de subsister. Il faut revenir à quelque chose de plus sain.


- Je le sais d’expérience, tous les journalistes qui suivent Sarkozy, ne sont pas forcément pro-sarko. Ils font leur boulot le mieux qu’ils peuvent. On reproche par exemple au journal Le Monde d’être Sarkocompatible, mais c’est un des journalistes du quotidien du soir qui suit le candidat au quotidien qui vient de sortir les problèmes de chiffrage du programme de Sarkozy, affaire qui pourrait se révéler ennuyeuse pour lui. Le problème ne se situe donc pas tant à ce niveau-là. Il suffirait que les journalistes tournent un peu plus sur les rubriques pour empêcher toute connivence et tout irait un peu mieux.


- Alors que faut-il faire ? Une solution utopique : que les patrons de presse prennent leur distance face au pouvoir politique en arrêtant de leur faire du pied. Une solution plus pragmatique : supprimons les éditorialistes qui ne reflètent rien d’autre qu’eux-mêmes. Remplaçons-les par des chercheurs, des penseurs, des philosophes... Je ne parle pas des Glucksmann, des Finkelkraut, BHL et autres Minc. Non je pense à de vrais intellectuels, des gens moins connus qui ont une expertise, une pensée, des raisons de partager leur savoir. Des gens engagés peut-être mais qui nourrissent le débat au lieu de l’accaparer et de le faire tourner en rond.


David Carzon


14/02/2007

Je dis pour qui je vote donc je suis

L’heure est au coming-out politique. Christophe Ginisty a annoncé qu’il voterait Bayrou à la présidentielle. Qui est Christophe Ginisty me direz-vous ? Et vous avez raison. Christophe Ginisty fait partie de ceux qu’on appelle les barons blogueurs, avec les Le Meur, Gloagen, Clément et autres Vinvin. Ils sont la partie immergée de l’iceberg « blog ». Pas spécialement les plus représentatifs, mais ce sont ceux dont les médias parlent le plus, et à quelques-uns ils finissent - à leur corps défendant ou pas - par parler pour tous les autres. Alors quand il y en a un qui lève le doigt, on a l’impression que c’est toute la blogosphère qui agite les bras.


Chez les « Barons », en tout cas, l’heure est à l’affichage de ses convictions politiques. Dans un post argumenté, Christophe Ginisty (patron de l’agence La Rumeur Publique, du site Pointblog et organisateur du festival de la création sur internet à Romans) explique donc pourquoi il choisit le camp centriste. Au-delà de l’adhésion au positionnement » et au « courage » politique de François Bayrou dans cette campagne, Christophe Ginisty loue une qualité du candidat, pourtant décriée un peu partout : son programme et sa lisibilité sur internet. « J'ai pu trouver facilement les réponses à mes interrogations et ainsi prendre une décision », écrit Ginisty. Il est vrai que dans les médias traditionnels, on ne parle et ne fait parler Bayrou que sur sa critique des médias, oubliant d’évoquer son programme.


Pour le moment, les réactions à ce coming-out sont au mieux positives, au pire compréhensives. A retenir toutefois ce commentaire malicieux qui lui demande pour qui il va voter au second tour.


Rien à voir avec ce qu’avait déclenché Loïc Le Meur, il y a quelques mois, quand celui-ci avait déclaré sa flamme électorale à Nicolas Sarkozy, provoquant des réactions allant d’un extrême à l’autre. Pour Le Meur, cette prise de position publique est naturelle. Il donne souvent l’exemple américain où explique-t-il « les gens affichent pour qui ils vont voter sur leur plaque d’immatriculation ».
Ce que ne dit pas Christophe Ginisty dans sa note, c’est ce qui l’a poussé à se dévoiler à la face du monde (des blogs). « Ca ne changera pas la face du monde mais au moins cela me permettra de participer à la campagne en toute transparence », avait-il juste explique dans une note précédente.


Transparence, le mot est lâché. Si Christophe Ginisty préfère jouer cartes sur tables pour s’investir dans la campagne de manière franche, c’est son droit. Toutefois, c’est aussi au nom de la transparence qu’on demande tout et n’importe quoi aux blogueurs. Comme d’exiger – je pèse mes mots - de Versac qu’il commente le ralliement de Christian Blanc au candidat de l'UMP au motif qu’il a été proche un temps de l’ancien patron d’Air France. Comme si cela pouvait expliquer, par ricochets, le pourquoi du soutien de Blanc à Sarkozy.


La transparence ne peut fonctionner que dans un sens. C’est au blogueur de décider où il place le curseur, de dire ou non pour qui il vote, combien il gagne. En tout cas, il sera intéressant de voir si d’autres blogueurs suivent ce mouvement. Versac veut inaugurer le journal de ses hésitations, Embruns regarde ça ou ça d'un oeil plus ou moins critique...

David Carzon

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu