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17/01/2007

La rencontre entre deux histoires d’amour à mort

Je ne suis très assidu à mon blog en ce moment, mais j’avais de bonnes raisons et je vais en détailler une d’entre elles. Ça va parler mort encore, mais cette fois, ce n’est pas drôle. Et pourtant, tellement fort.

Demain, Laurent Malet sort un livre (En attendant la suite, éditions Le Cherche Midi) où il raconte comment il a aidé sa mère à mourir il y a une vingtaine d’années alors que celle-ci était atteinte d’un cancer cérébral incurable. Son livre arrive alors qu’il y a quelques semaines, un homme de 29 ans, en état végétatif, a « bénéficié » de la nouvelle loi du droit au laisser-mourir. En gros, les médecins ont débranché la sonde gastrique qui le maintenait en vie et tout le monde a attendu qu’il meure. Ça a pris six jours pour qu’il décède de faim et de soif. Tout en ayant de violentes convulsions. Selon les médecins, il ne souffrait pas, mais imaginez la famille assistant à ce "spectacle".

A l’occasion de la sortie du livre de Laurent Malet, nous avons organisé et filmé la rencontre entre l’acteur et Marie Humbert, la mère de Vincent, ce jeune tétraplégique dont l’histoire avait ému la France entière il y a quelques années. Laurent Malet et Marie Humbert ont pu confronter leurs expériences face à la maladie et aux médecins, leurs doutes, leurs sentiments, leur colère...

Cette rencontre (qui donne lieu à une double page dans notre édition de ce matin) s’est déroulée vendredi dernier dans les locaux de 20 Minutes. Ils sont arrivés en même temps (Marie Humbert était accompagné de Vincent Léna, le président de l’association Faut qu’on s’active qui la soutient). Tous les deux ne se connaissaient pas, mais chacun avait pris la peine de lire le livre de l’autre. Ils étaient un peu intimidés. Moi encore plus. En effet, c’est la première fois que nous organisons ce genre de rencontres filmées pour nourrir à la fois la version papier mais aussi le web.

Nous avions prévu un dispositif simple : tout les deux sont face à moi, et deux caméras filment l’échange. J’avais découpé mon plan d’interview en quatre parties : face à la maladie, face à la médecine, face à la mort, et face à la loi. Et prévu beaucoup de questions au cas où…

Je n’en ai pas eu besoin. Dès qu’ils sont arrivés, ils se sont mis à se parler en buvant un café. J’ai même été obligé de les interrompre pour prendre place dans les fauteuils que nous avions installés et commencer l’interview. Celle-ci a duré une heure et quart. Tous les deux se sont livrés sans retenue, avec des moments très émouvants, n’osant pas s’interrompre mais n’hésitant à poser des questions et à rebondir. Même si j’ai mené le débat, j’ai eu l’impression qu’ils auraient pu discuter des heures sans moi.

D’ailleurs, l’interview terminée, ils ont continué à se parler tout naturellement, avant de tomber dans les bras l’un de l’autre, de se dédicacer leurs livres et de promettre de se revoir. « Vous êtes un peu comme un fils pour moi », Ils sont partis ensemble, poursuivant leurs confidences. Moi, je n’existais plus. Et c’est ça qui est bien. A voir ici.

David Carzon

Commentaires

C'est toujours la même émotion que de voir et d'entendre Marie.
A la fin, c'est Laurent Malet qui lui dit : "Je suis un peu comme votre fils."
Et Marie de répondre : "J'en ai plein maintenant des fils."
Dommage que les politiques restent sourds à tant d'amour et de courage.

Écrit par : corinne | 17/01/2007

c'est d'autant plus émouvant que les identités étaient croisées : elle était face à un fils et lui face à une mère, elle aurait pu être sa mère, lui son fils, et chacun avait donc d'autant moins de mal à se mettre à la place de l'autre.

Écrit par : sophie | 19/01/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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