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30/10/2006

Il est mouru Michaël Youn

(Tout est presque faux mais tout aurait pu être presque vrai)

 

La nouvelle étonne peu tant elle était aussi crainte qu’attendue. Michaël Youn a trouvé la mort en Afghanistan où il tournait des sketches pour son émission de télévision. Avec un niveau de prise de risques qui faisait redouter le pire. Le pire qui a fini par arriver.On le savait aussi mauvais acteur qu’incontrôlable, mais la machine s’était vraiment emballée il y a quelques mois avec son retour à la télé.

Jusqu’ici, Michaël s’était un peu rangé des voitures enchaînant bides et succès au cinéma tout en s’amusant à faire des parodies de chansons. La dernière en date, Fous ta cagoule d’un pseudo groupe appelé Fatal Bazooka, copie conforme d’un morceau de rap, paroles débiles en plus, avait cartonné dans les charts. Au point se faire quelques ennemis dans le milieu du rap et de devenir la tête de turc de quelques slammeurs qui l’avaient surnommé affectueusement « Petit con malade ».

Mais si ce tube avait remis Michaël You à « flow », il lui avait provoqué une poussée de « mellonite » aiguë. Il en était même venu aux mains avec un journaliste des Inpopuptibles qui avait dit dans un papier que « l’avantage avec les Inconnus lorsqu’ils parodiaient des morceaux, c’est qu’on pouvait toujours se dire pour se réconforter qu’ils allaient bien finir par se séparer, alors qu’avec Michaël Youn, ce n’est pas possible d’avoir cet espoir ».

Il y a quelques mois donc, l’ex-trublion du PAF était revenu à ses premiers amours, la télévision. Tout ça parce qu’il n’avait pas supporté que TF1 programme le dimanche en access prime time une émission titrée « Evening Live ». Un titre en référence au « Morning Live » que Michaël Youn avait animé durant deux ans sur M6. Chez les patrons de TF1, on clamait officiellement qu’il s’agissait de faire revenir les jeunes sur cette case puisque ni les films d’actions, ni les séries télé du style Les Experts ne semblaient plus leur plaire désormais.

Officieusement, on ne se gênait pas pour dire qu’il fallait faire du Michaël Youn mais en pire. Et on peut affirmer que les animateurs ont rempli les (z)objectifs : sketches systématiquement avec des filles nues, caméras cachées dans des toilettes, collations avec des insectes en tous genres… Mais surtout, il se sont mis à enlever diverses personnes, inconnues ou célèbres. Le but était de leur faire croire à un vrai enlèvement puis de leur ôter leur bâillon et leur bandeau sur les yeux pour leur hurler dessus avec un mégaphone : « Evening Live, l’ émission qui fait peur à tes voisins ».

Vexé par ce qu’il considérait être comme un vol de propriété intellectuelle (oui, tout le monde n’est pas d’accord sur la définition d’intellectuel), Michaël Youn a répliqué en acceptant la proposition de M6 d’animer à nouveau une émission le matin, appelée cette fois « Morning Live or Dead ». Et l’animateur a voulu toujours plus loin, toujours plus fort puisqu’il s’est fait arrêter à plusieurs, notamment à cause de son nouveau concept, tirer des coups de feu dans des endroits insolites. Il devait même être jugé pour avoir brûlé une voiture de police pendant que les policiers étaient en intervention.

Depuis plusieurs semaines, il parcourait régulièrement le monde pour tourner des caméras cachées. Il avait déjà frôlé la mort aux Etats-Unis pour avoir sorti un coupe-ongle dans un avion d’American Airlines et menacé d’en faire usage si les Américains ne s’engageaient pas à manger des cuisses de grenouilles. Expulsé des USA, il avait failli laisser sa peau en Italie où il avait voulu vérifier qu’il faut toujours passer au feu rouge en voiture.

Mais c’est donc en Afghanistan qu’il a réalisé son dernier exploit. D’après nos informations, il aurait voulu se faire passer pour le mollah Omar sur une mobylette. Repéré par un drone américain, il a été « explosé » par un missile tiré par un chasseur F16. Une scène heureusement filmée par le camarade qui l’accompagnait et qui sera diffusée la semaine prochaine sur M6 au cours d’une grande soirée à sa mémoire intitulée : « Prout, caca, pipi, merci Michaël, on a bien ri ».

David Carzon

25/10/2006

Et si le marketing était l’avenir du blog ?

(Tout est presque faux mais tout aurait pu être presque vrai) 

 

Alors oui, les esprits chagrins vont encore me traiter de vendu au dieu marketing, on va me dire que ce genre de comportements n’est pas très « waibedeuzéro ». Mais tant pis j’assume. Ce n’est pas parce qu’on m’envoie des trucs que je ne dois pas les garder. Je ne vois pas au nom de quoi, je ne me ferai pas plaisir en les testant et en vous faisant partager mes impressions. D’autant que si c’est à chier, je ne me priverais pas pour le dire, vous le savez.

Donc, quelle ne fut pas ma surprise la semaine dernière quand le facteur a sonné à ma porte pour me livrer cet énorme colis. J’ai signé le récépissé et une fois la porte refermée, je me suis empressé de déballer ces « cadeaux » offerts par la société « Les canons de la butée ». J’ai d’abord lu la lettre qui accompagnait ces présents. L’entreprise disait m’avoir choisi, moi, en tant que blogueur influent, pour tester ces nouveaux produits, estimant que c’est à travers les nouveaux médias qu’elle peut aujourd’hui toucher le plus des consommateurs avertis. Libre à moi d’en parler ou pas, et dans les termes que je voudrais. Et que bien sûr, je pourrais conserver tous ces produits.

J’ai tout sorti du carton et j’ai fait l’inventaire : un fusil à pompe chromé, un pistolet 9mm ultra-léger, un couteau de chasse avec une lame inoxidable même par le sang, une mine anti-personnelle, une hache et bien évidemment des munitions adéquates. Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas utilisé la mine anti-personnelle – je suis contre, je trouve ça barbare - et la hache car j’ai envie de l’offrir encore vierge (NDLR : la hache) à Folie privée, il n’y a qu’elle pour la manier aussi bien et je me garderai bien de lui faire injure en dénaturant cet outil si noble.

Par contre, pour le reste, je me suis bien amusé et j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment je pourrais dire du mal de ces produits. Le fusil à pompe, déjà. Je me suis invité à la conférence Web 6.6.6 à l’hôtel***** Palacia où une vingtaine de blogueurs s’étaient réunis pour, disait l’affiche, « imaginer l’internet d’après-demain, ou comment faire fructifier la gratuité ». Je ne sais pas qui était présent, mais je peux vous dire qu’ils ne sont pas près de refaire un podcast. Ce qui est génial, c’est que moi qui ne sait pas viser, j’ai réussi à me les faire tous sans m’y reprendre à plusieurs fois. L’avantage, c’est que les munitions s’éparpillent et qu’elles ramassent tout ce qu’elles trouvent sur leur passage. Comme dit un blog célèbre, 20 sur 20 pour le fusil à pompe, au propre comme au figuré vu le nombre estimé de mes victimes.

Pour le pistolet, j’ai eu un peu plus de mal. Certes, il est très léger, mais il a un fort recul et j’ai peiné à le maîtriser. D’autant que les enfants bougent beaucoup quand on leur tire dessus, et j’ai regretté d’avoir choisi une école. Peut-être aurais-je dû aller dans une maison de retraite ? Et puis non, autant tester ces produits dans des conditions extrêmes. Le résultat, c’est que je n’ai pas réussi à toucher beaucoup de gamins. Mais c’est de ma faute, pas celle du pistolet car quand il fait mouche, c’est propre et net. Un petit orifice d’entrée et un énorme trou derrière. Idéal.

Le couteau est gros, mais il coupe très bien. Je me suis amusé à me planquer dans un bois et quand un chasseur est passé non loin, je lui ai tiré une balle dans la jambe avant le finir avec le couteau. Je l’ai dépecé sans aucun problème (même les os ne résistent pas) et j’ai pu donner plusieurs morceaux à ma famille et des amis pour qu’ils puissent se faire un bon gueuleton.

Bref, on peut dire qu’il s’agit de bons produits, maniables, solides, avec une bonne finition et bien pensés pour les utilisateurs comme vous et moi.


David Carzon

19/10/2006

Et si Laurent Fabius était vraiment de gauche ?

(Tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)

 

Harry Roselmack : « Bienvenue pour la traditionnelle interview du chef de l’Etat à l’occasion du 14-Juillet. Pour la première fois depuis douze ans, ce n’est pas Jacques Chirac qui répondra à nos questions, mais Laurent Fabius, fraîchement élu président de la République. Autre nouveauté, les intervieweurs ont changé cette année aussi. M’accompagnent pour mener cet entretien Mélissa Theuriau et Loïc Le Meur. Bonjour, monsieur le Président, comment vous sentez-vous dans les habits du chef de l’Etat ? »

Laurent Fabius : « Tout d’abord, merci Monsieur Roselmack d’avoir accepté mon invitation pour cet entretien, ainsi que vos deux confrères qui vous accompagnent. Je voulais renouveler le genre et vous trois me semblez être représentatifs de votre génération. Quant aux habits de président, je m’y sens très bien, je m’y sens très bien. Mais j’ai toujours dit durant la campagne que j’étais prêt à assumer cette fonction. Vous voyez que je disais vrai, je disais vrai. »

Mélissa Theuriau : « Une fois élu en mai, vous avez pris tout le monde de court en vous alliant avec l’extrême gauche. Même votre propre camp a été désarçonné. Y’avait-il besoin de cet électrochoc ? »

Laurent Fabius : « En tout cas, nos résultats aux législatives me donnent de raison. Nous avons la majorité absolue à l’Assemblée nationale et nous allons pouvoir mener notre politique de réforme. Pour ce qui est du PS, l’effondrement de Ségolène Royal au cours de la campagne interne pour désigner le candidat socialiste, a créé un vide chez les militants et cet électrochoc était nécessaire. Je tiens d’ailleurs à rassurer la population, Ségolène Royal va beaucoup mieux, elle a enfin décidé de quitter la paire de charentaises qu’elle avait décidé de porter tout le temps pour montrer son ancrage local. C’est un signe encourageant, un signe encourageant. »

Loïc Le Meur : «  Et vous avez des nouvelles de Nicolas Sarkozy que l’on a pas revu depuis sa défaite au second tour en mai ? »

Laurent Fabius : « Non et je pense que vous en aurez avant moi, vous en aurez avant moi. »

Harry Roselmack : « Qu’est-ce qui vous a poussé à nommer Arlette Laguiller Premier ministre ? »

Laurent Fabius : « Sa volonté de changer le monde et d’être intransigeante avec les forces en présence. Je suis ravi qu’elle ait acceptée ma proposition. Elle vient d’ailleurs de me soumettre une liste de premières actions à mener d’urgence. »

Loïc Le Meur : « Oh mon dieu, j’ai peur de vous demander lesquelles… »

Laurent Fabius : « C’est vrai que ça ne va pas vous plaire à vous. Nous allons créer une taxe sur les flux financiers et les profits boursiers, interdire les délocalisations, renationaliser un certain nombre d’entreprises comme EDF, GDF ou Air France. J’ai demandé à Olivier Besancenot, le ministre de l’Economie et de l’Emploi, de réfléchir à la possibilité de mettre en place un certain nombre d’obligations contraignantes aux patrons en matière de licenciements, de rémunérations, de développement durable… Nous allons remettre la main sur TF1 pour qu’elle redevienne une télévision publique, et même nous allons racheter Libération pour en faire le journal de la parole gouvernementale. Une parole libre bien sûr, libre bien sûr. »

Loïc Le Meur : « C’est la fin de l’esprit d’entreprise… »

Laurent Fabius : « Plus précisément, c’est la fin de l’esprit individualiste d’entreprise. Nous voulons créer une solidarité entre toutes les générations, communautés, catégories professionnelles. Mais ne vous inquiétez pas, on n’interdira pas sur les blogs de faire la promotion de produits qu’on vous donne gratuitement. A condition de les redonner à d’autres ensuite pour les faire partager, pour les faire partager. »

Mélissa Theuriau : «  Vous comptez arriver au salaire unique pour tout le monde ? »

Laurent Fabius : «  Nous n’irons peut-être pas jusque-là, mais nous allons faire en sorte de relever les plus bas salaires, et de niveler les plus hauts pour ne pas franchir les barrières de l’indécence, les barrières de l’indécence. Et pour retrouver le plein-emploi, nous allons lancer des grands chantiers de construction, des grands programmes avec des dizaines de milliers d’embauches à la clé. C’est cela le capital au service du travail, le capital au service du travail. Ça ne va pas monsieur Le Meur, vous ne vous sentez pas bien ? »

Loïc Le Meur : « Non pas trop, j’ai comme une boule à l’estomac. »

Laurent Fabius : «  Il va falloir vous habituer. Ce n’est pas parce que j’ai été presque libéral il y a quelques années que je ne peux pas faire un demi-tour pour revenir sur la gauche de ma gauche. Mitterrand a fait pareil en son temps et tout le monde a fini par oublier et a fini par le voir en homme sincèrement de gauche. Vous oublierez aussi. L’important, c’est d’être élu. Et je le suis. »

 

David Carzon 

 
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