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19/10/2006

Et si Laurent Fabius était vraiment de gauche ?

(Tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)

 

Harry Roselmack : « Bienvenue pour la traditionnelle interview du chef de l’Etat à l’occasion du 14-Juillet. Pour la première fois depuis douze ans, ce n’est pas Jacques Chirac qui répondra à nos questions, mais Laurent Fabius, fraîchement élu président de la République. Autre nouveauté, les intervieweurs ont changé cette année aussi. M’accompagnent pour mener cet entretien Mélissa Theuriau et Loïc Le Meur. Bonjour, monsieur le Président, comment vous sentez-vous dans les habits du chef de l’Etat ? »

Laurent Fabius : « Tout d’abord, merci Monsieur Roselmack d’avoir accepté mon invitation pour cet entretien, ainsi que vos deux confrères qui vous accompagnent. Je voulais renouveler le genre et vous trois me semblez être représentatifs de votre génération. Quant aux habits de président, je m’y sens très bien, je m’y sens très bien. Mais j’ai toujours dit durant la campagne que j’étais prêt à assumer cette fonction. Vous voyez que je disais vrai, je disais vrai. »

Mélissa Theuriau : « Une fois élu en mai, vous avez pris tout le monde de court en vous alliant avec l’extrême gauche. Même votre propre camp a été désarçonné. Y’avait-il besoin de cet électrochoc ? »

Laurent Fabius : « En tout cas, nos résultats aux législatives me donnent de raison. Nous avons la majorité absolue à l’Assemblée nationale et nous allons pouvoir mener notre politique de réforme. Pour ce qui est du PS, l’effondrement de Ségolène Royal au cours de la campagne interne pour désigner le candidat socialiste, a créé un vide chez les militants et cet électrochoc était nécessaire. Je tiens d’ailleurs à rassurer la population, Ségolène Royal va beaucoup mieux, elle a enfin décidé de quitter la paire de charentaises qu’elle avait décidé de porter tout le temps pour montrer son ancrage local. C’est un signe encourageant, un signe encourageant. »

Loïc Le Meur : «  Et vous avez des nouvelles de Nicolas Sarkozy que l’on a pas revu depuis sa défaite au second tour en mai ? »

Laurent Fabius : « Non et je pense que vous en aurez avant moi, vous en aurez avant moi. »

Harry Roselmack : « Qu’est-ce qui vous a poussé à nommer Arlette Laguiller Premier ministre ? »

Laurent Fabius : « Sa volonté de changer le monde et d’être intransigeante avec les forces en présence. Je suis ravi qu’elle ait acceptée ma proposition. Elle vient d’ailleurs de me soumettre une liste de premières actions à mener d’urgence. »

Loïc Le Meur : « Oh mon dieu, j’ai peur de vous demander lesquelles… »

Laurent Fabius : « C’est vrai que ça ne va pas vous plaire à vous. Nous allons créer une taxe sur les flux financiers et les profits boursiers, interdire les délocalisations, renationaliser un certain nombre d’entreprises comme EDF, GDF ou Air France. J’ai demandé à Olivier Besancenot, le ministre de l’Economie et de l’Emploi, de réfléchir à la possibilité de mettre en place un certain nombre d’obligations contraignantes aux patrons en matière de licenciements, de rémunérations, de développement durable… Nous allons remettre la main sur TF1 pour qu’elle redevienne une télévision publique, et même nous allons racheter Libération pour en faire le journal de la parole gouvernementale. Une parole libre bien sûr, libre bien sûr. »

Loïc Le Meur : « C’est la fin de l’esprit d’entreprise… »

Laurent Fabius : « Plus précisément, c’est la fin de l’esprit individualiste d’entreprise. Nous voulons créer une solidarité entre toutes les générations, communautés, catégories professionnelles. Mais ne vous inquiétez pas, on n’interdira pas sur les blogs de faire la promotion de produits qu’on vous donne gratuitement. A condition de les redonner à d’autres ensuite pour les faire partager, pour les faire partager. »

Mélissa Theuriau : «  Vous comptez arriver au salaire unique pour tout le monde ? »

Laurent Fabius : «  Nous n’irons peut-être pas jusque-là, mais nous allons faire en sorte de relever les plus bas salaires, et de niveler les plus hauts pour ne pas franchir les barrières de l’indécence, les barrières de l’indécence. Et pour retrouver le plein-emploi, nous allons lancer des grands chantiers de construction, des grands programmes avec des dizaines de milliers d’embauches à la clé. C’est cela le capital au service du travail, le capital au service du travail. Ça ne va pas monsieur Le Meur, vous ne vous sentez pas bien ? »

Loïc Le Meur : « Non pas trop, j’ai comme une boule à l’estomac. »

Laurent Fabius : «  Il va falloir vous habituer. Ce n’est pas parce que j’ai été presque libéral il y a quelques années que je ne peux pas faire un demi-tour pour revenir sur la gauche de ma gauche. Mitterrand a fait pareil en son temps et tout le monde a fini par oublier et a fini par le voir en homme sincèrement de gauche. Vous oublierez aussi. L’important, c’est d’être élu. Et je le suis. »

 

David Carzon 

Commentaires

Hahaha! Je reconnais bien là les interventions toujours éclairantes de Loïc Lemeur. C'est vraiment très drôle!

Écrit par : d3log | 18/10/2006

Pauvre Loic... ;-)

Écrit par : Pem | 19/10/2006

J'oubliais : (sur un air connu) fafafa fafafafa fafafa fafa...

Écrit par : Pem | 20/10/2006

hahaha!

Écrit par : Ab6 | 22/10/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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