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12/04/2006

Philippe Besson : quand l'alité rature

Il y a des plaies dont on se dit qu’elles ne se refermeront jamais. Depuis quelques semaines, deux des plus importantes affaires médiatico-judiciaires des trente dernières années (et deux des plus gros plantages de la presse par la même occasion) viennent de ressurgir quasiment en même temps : l’affaire de la Josacine empoisonnée et celle du petit Grégory.

Si pour le premier dossier, il s'agit d'une actualité judiciaire à multiples facette, en ce qui concerne l’affaire Grégory c’est la littérature qui se charge d'appuyer là où ça fait mal. Enfin littérature est bien grand mot pour qualifier le livre de Philippe Besson. Mais là, c’est Denis Robert qui en parle le mieux. A l’époque des faits, Denis Robert couvrait ce dossier pour Libération (le même journal qui avait aussi ouvert ses colonnes à Duras, on ne peut pas être parfait). Lui est un des rares journalistes à ne pas avoir à rougir de ses papiers pour avoir su prendre du recul dans cette tempête médiatique.

Interrogé par Les Inrockuptibles de cette semaine sur l’affaire Clearstream, Denis Robert donne aussi son avis sur le bouquin de Besson. Un avis cinglant et éclairé. Voici l’extrait en question (reproduit avec l’aimable autorisation de son auteur).

[Philippe Besson publie un roman, L’Enfant d’octobre, qui s’inspire de l’affaire Grégory. Vous qui avez couvert cette affaire, pensez-vous que c’est un coup littéraire ?
C’est un coup de fric surtout, un plan média important pour une cause qui est sans rapport avec la littérature. Que le livre soit mauvais n’est pas très grave. Mais Besson se prend pour Duras dans ses pires travers. Là où leur entreprise à lui et à son éditeur – le journaliste de Match, Béglé -, est vraiment lamentable, c’est qu’ils inventent une rencontre avec Christine Villemin, et une sorte de caution de sa part, alors qu’elle les a envoyés bouler et qu’elle déteste ce livre où Besson lui invente une voix qui n’est pas la sienne. Où il fait ressurgir le cadavre de son fils. Vraiment, ça pue. Besson reproduit les mêmes schémas que les rats de la Vologne au moment de l’affaire. C’est fait avec des gants blancs, mais c’est pire car ni lui ni son éditeur n’ont l’excuse de ne pas savoir.
Propos recueillis par Pierre Siankowski.]

Alors oui, tout ça pue.

David Carzon

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