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26/02/2006

Il est mouru David Carzon

Puisqu’il y en d’autres des nécros imaginaires et puisqu’il faut bien débuter par quelqu’un, autant commencer par soi.

(tout est presque faux, mais tout aurait pu être presque vrai)

Il est mouru David Carzon. Il est mort comme tout le monde rêve de mourir : vieux, encore valide et lucide, dans son sommeil, sans s’en rendre compte et sans souffrir. Une mort comme on en aimerait en voir plus souvent. A l’annonce de la triste nouvelle, ses amis, proches et moins proches, ont été nombreux à vouloir apporter leur mise en bière à l’édifice.

Avec cette disparition, « La ligue de défense des jeux de mots pourris » et « l’Amicale de l’Almanach Vermot » perdent en effet, un de leurs plus vivaces contributeurs. Il est mort le pouet a d’ailleurs titré Libération hier matin, rendant hommage à cette quête perpétuelle du calembour qui caractérisait ce journaliste détalant. L’homme s’en était d’ailleurs expliqué dans un récent recueil de souvenirs*. « Imagine, t’es à table avec plein de gens, racontait-il dans son français si châtié. Tu penses à une vanne d’enfer, mais t’oses pas la faire de peur de te péter la honte si personne rigole à ta connerie. Et pan, le mec en face, il sort la blague à laquelle tu pensais et tout le monde se bidonne avec ça toute la soirée, et l’autre pignouf en face, c’est la star, tout le monde le trouve drôle, toutes les meufs veulent mettre dans leur pieu un mec aussi bonnard. Et après, t’as beau dire que t’y avais pensé aussi à la blague, tout le monde s’en fout, c’est trop tard. Moralité, vaut mieux prendre le risque de se prendre un bide, au moins un bide tu peux toujours faire pitié à quelqu’un. » Tout le penseur est là, dans cette phrase qui fait encore les beaux jours des épreuves de philosophie au baccalauréat.

Mais revenons quelques instants sur la carrière du disparu. Une enfance banale, des études peu brillantes, une carrière commune dans le journalisme commencée à la rubrique des chiens écrasés pour se terminer sur celle des politiques écrabouillés puisque c’est lui qui enquêta sur la mort violente en 2010 de Valéry Giscard d’Estaing qui périt écrasé par un exemplaire de l’imposante Constitution européenne qu’il avait tenté de faire voter cinq ans plus tôt. C’est cette enquête qui allait le rendre presque célèbre. Tout le monde (ou presque) a encore en mémoire le titre de son papier le plus fameux : « Ici, Valéry gît car c’est son destin ».

Repéré par Nicolas Sarkozy qui cherchait un directeur de campagne afin de préparer la présidentielle 2012 après son échec de 2007 (NDLR : on se souvient qu’il avait perdu à cause d’un slogan trop mou et des propositions trop consensuelles), David Carzon refusa la proposition de l’ancien ministre de l’Intérieur et celui-ci finit par se rabattre sur Jean Amadou et Jean Roucas.

Ce refus courageux ouvrit à David Carzon les portes de toutes les rédactions. Mais le journaliste en avait marre de courir le scoop et il déclina toutes ces promesses de richesse pour se lancer dans la rédaction de son anthologie consacrée à la blague chez les postiers-paysans intitulée Le tracteur sonne toujours deux fois.
On vous le dit, il est mort le pouet.

David Carzon

* Ma bite et mon canif, Editions Plomb.

Commentaires

Mouhahaha ! ...mais en plus, il a de l'humour !!! :)

Écrit par : Olivier Mimran | 27/02/2006

bite ???

Écrit par : jamega | 27/02/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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